La création de franchises médicales sur certains actes de soins et prestations est prévue dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale. La FNAIR (Fédération Nationale d’Aide aux Insuffisants Rénaux) s’oppose à leur création et revendique l’accès aux soins pour tous.
1/ L’instauration de franchises, qui ne sont en fait que de nouvelles taxes sur la maladie, payées par les malades et seulement les malades, pour d’autres malades, rompt avec les principes de notre régime d’Assurance Maladie fondés sur la solidarité de l’ensemble de la population face à la maladie, et va à l’encontre du principe de base édicté en 1946 par ceux qui ont créé notre système de protection sociale : donner en fonction de ses possibilités, recevoir en fonction de ses besoins.
2/ Les franchises constituent un réel obstacle à l’accès aux soins des plus démunis de nos concitoyens en raison de leur montant, certes aujourd’hui limité mais susceptible d’augmenter dans les années à venir. Nous avons dénoncé en son temps la mise en place de la contribution de 1 euro par acte. Aujourd’hui, à cette mesure, vont s’ajouter des franchises sur les médicaments (0,50 centimes d’euros par boîte), sur les actes paramédicaux (1 euro par acte) et les transports (2 euros par transport). Certes, pour l’instant un plafond de 50 euros par an est prévu. Si l’on additionne ces deux mesures, ce sont 100 euros par an que chaque malade chronique, et donc chaque insuffisant rénal, devra payer. La FNAIR tient à rappeler que le traitement de l’insuffisance rénale a paupérisé un grand nombre de malades, qui auront beaucoup de mal à assumer cette dépense supplémentaire, et donc à terme à maintenir leur qualité de vie.
Par ailleurs, il y a lieu de se demander où et au bout de combien de franchises s’arrêtera l’escalade ?
Nous rappelons que le forfait journalier hospitalier de 16€ n’était que d’environ 3 € lorsqu’il a été créé en 1945. Qui peut dire aujourd’hui à combien s’élèveront ces 4 franchises dans 10 ans : 5 ou 10 € par boîte de médicament ? 10 ou 20 € par transport médicalisé ?
3/ Les franchises, initialement présentées comme un dispositif visant à l’équilibre des comptes de l’Assurance Maladie, sont loin de répondre à cet objectif. En année pleine, elles permettront au mieux l’économie de 850 millions d’euros… alors que ledit « déficit » de l’Assurance Maladie s’élève à plus de 11 milliards d’euros.
4/ Il a ensuite été annoncé que l’argent ainsi récupéré auprès des plus malades serait redistribué à ceux d’entre eux qui sont atteints de maladie d’Alzheimer ou de cancers. Si ces problématiques de santé sont indiscutables, elles ne peuvent prévaloir sur d’autres tout aussi légitimes. Devra-t-on créer de nouvelles franchises pour chaque problématique de santé nouvelle ou non résolue ?
Créer des franchises dans le PLFSS 2008, alors que le président de la République a demandé d’organiser un large débat sur le financement du système de santé au premier semestre 2008, conduit à préempter une solution avant même que le débat ait lieu.
Prendre les décisions avant de débattre n’est pas acceptable.
Parce qu’elle représente
l’ensemble des insuffisants rénaux dialysés et transplantés de France,
la FNAIR participera aux manifestations contre les franchises
du samedi 13 octobre
A propos de la FNAIR :
Créée en 1972, la Fédération Nationale d’Aide aux Insuffisants Rénaux compte aujourd’hui près de 11.000 adhérents.
Afin d’améliorer la qualité de la vie et des soins des personnes souffrant d’insuffisance rénale, les actions que mène la FNAIR s’organisent à plusieurs niveaux :
- Représenter et défendre les intérêts des malades sur le plan national
- Informer les patients et leurs proches, les écouter, les soutenir, les conseiller, les aider dans les démarches administratives, faciliter leur réinsertion professionnelle…
- Créer une solidarité entre toutes les personnes atteintes de maladies rénales.
- Améliorer la qualité et la disponibilité des traitements, encourager et contribuer à la prévention, promouvoir la recherche, les techniques nouvelles.
- Informer l'opinion et sensibiliser les pouvoirs publics dans les domaines des maladies et de l'insuffisance rénale, de la dialyse et de la transplantation rénale, et promouvoir le don d'organes.
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