-

La mémoire collective garde globalement un bon souvenir de mai 68

Jean-Michel Aphatie
Journaliste

Jean-Michel Aphatie – JournalisteAvec son accent du Sud-Ouest reconnaissable entre mille, et son sens aiguisé de l’analyse politique, Jean-Michel Aphatie est l’un des intervieweurs phares du paysage audiovisuel français. Après avoir fait le tour des chaînes de télévision, des titres de presse et des stations de radio, il officie depuis septembre 2016 à l’antenne de franceinfo où il présente l’interview politique « 8h30 Toussaint-Aphatie » du lundi au vendredi. Une passion pour l’analyse politique que l’on retrouve dans son dernier ouvrage « La liberté de ma mère : mai 68 au Pays Basque » paru début avril, où il raconte comment ses parents ont vécu mai 68. Il revient avec nous sur la genèse de ce récit et nous livre son analyse sur la situation politique actuelle.

Depuis près de 20 ans vous êtes l’un des intervieweurs les plus connus de France. D’où vous est venu le goût pour l’actualité politique ?
Je n’ai pas la réponse.  C’était en moi, un cadeau. J’ai découvert, au fil de ma vie, un goût non pas pour la politique mais pour l’analyse de la politique. Aucun modèle familial : mes parents, mes proches, n’étaient pas politisés. Certains, c’est le football, moi c’était ça. Donc j’ai rationalisé le cadeau: j’ai appris, étudié, regardé et j’ai tenté ma chance pour devenir journaliste politique à Paris. Finalement, ça n’a pas trop mal marché.

Vous avez publié au début du mois d’avril votre ouvrage « La liberté de ma mère : mai 68 au Pays Basque ». Comment vous êtes vous lancé dans l’écriture de ce récit ? 
J’avais envie d’expliquer que le mois de mai 68, dont nous célébrons le cinquantenaire, n’était pas tombé du ciel, qu’il avait des racines, des antécédents, que les parents des étudiants de 68 étaient aussi, et même davantage qu’eux, des révolutionnaires. Pour illustrer mon propos- j’ai raconté l’histoire de mes parents, Catherine et Jean-Pierre, modestes salariés du Pays Basque, qui se sont lancés dans l’aventure de la liberté individuelle et de l’émancipation personnelle dans les années cinquante. Ce récit a intéressé pas mal de lecteurs, et j’en suis formidablement heureux.

Aujourd’hui, votre livre est n°1 des ventes numériques chez Amazon. Estimez-vous qu’il y ait en France une appétence particulière pour la mémoire de mai 68 ?
La mémoire collective garde globalement un bon souvenir de mai 68. Mais c’est un souvenir diffus, et vague. D’où la profusion de films, documentaires, livres, qui connaissent un peu de succès car la mémoire s’est rassie et il faut la rafraîchir. Les Français aiment l’histoire, lointaine ou plus proche. C’est un sentiment émouvant, signé d’un peuple éduqué et cultivé.

Alors que nous nous apprêtons à célébrer le cinquantième anniversaire de mai 68 en France, les mouvements de contestation semblent se multiplier (cheminots, étudiants, retraités etc.). Selon vous, pouvons-nous assister à un mai 2018 ?
En aucune manière, Mai 68 ne se répétera. Il y aura peut-être des mouvements sociaux dans les semaines ou les mois prochains. Peut-être même seront-ils importants, pourquoi pas « révolutionnaires ». On ne sait jamais de quoi sera fait demain. Mais s’ils se produisent, ce qui n’est ni sur ni certain, ils n’auront pas aujourd’hui la teinte joyeuse, imaginative et drôle d’hier. Hélas, l’époque est plus triste, la société plus dure, les problèmes plus violents qu’hier. Pour longtemps je crois, Mai 68 restera unique.

-

Je me considère comme un ambassadeur de la sécurité domestique

Olivier Allender
Directeur général de Verisure

Olivier Allender, Directeur général de VerisureEn 1988, Verisure faisait ses premiers pas dans le marché de la sécurité privée. Aujourd’hui, l’entreprise est le moteur français du secteur de la télésurveillance : 2 millions d’incidents traités en 2017, un chiffre d’affaire de plus de 200 millions d’euros et 1 nouveau client toutes les 20 secondes dans le monde. C’est peu dire que l’entreprise a le vent en poupe ! A l’occasion du trentième anniversaire de l’enseigne, son Directeur Général, Olivier Allender répond à nos questions.

Vous êtes à la tête de Verisure depuis 2012. Qu’est-ce qui vous a attiré dans cette enseigne ?
Avant même de prendre les rênes de l’entreprise, je m’intéressais beaucoup à cette industrie qui répond à un besoin fondamental : la sécurité. J’ai été très touché par les missions de Verisure : veiller sur ce que les gens ont de plus cher, leurs biens, leurs souvenirs, leur intimité… C’est vraiment un beau métier et l’on sent un fort degré d’engagement chez nos collaborateurs : beaucoup d’entre eux sont engagés à titre personnel (pompiers volontaires, anciens gendarmes, militaires réservistes etc.). Ensuite, le marché de la télésurveillance est en plein boom, l’évolution des technologies permet de démocratiser ce qui auparavant était réservé aux élites et de construire des offres adaptées au grand public.

Quel est le cœur de métier de Verisure qui a fêté ses 30 ans en 2018 ?
Notre mission est simple : garantir la tranquillité d’esprit aux 2,5 millions de foyers, familles et petites entreprises qui nous font confiance dans le monde. On associe souvent la télésurveillance aux cambriolages… mais c’est beaucoup plus que ça ! Nous intervenons dans 4 domaines principaux : les cambriolages certes, mais également les urgences médicales, les incendies et les agressions. Nous proposons une intervention en moins d’une minute, 24h/24, et une solution adaptée aux risques. Ce qui nous caractérise c’est que nous offrons une réponse humaine, il y a toute une équipe d’experts qui est mobilisée pour intervenir.

Quelle place occupe l’innovation dans la stratégie de l’entreprise ?
Au cours des 30 dernières années, Verisure a redéfini les standards de cette industrie avec un enchaînement d’innovation. En 1999 nous avons été les premiers à connecter les systèmes à travers le réseau GSM, une connexion sans fil qui permet d’installer un système de sécurité sans faire de gros travaux. En 2004 nous avons été pionniers dans l’intégration de l’image dans les capteurs, et ensuite l’interphonie. Depuis 2016 nous utilisons SIGFOX, un réseau basse fréquence, très difficile à brouiller. L’innovation fait partie de l’histoire de VERISURE et nous proposons à chaque fois des offres de plus en plus fiables afin que tout le monde puisse bénéficier des meilleurs services.

En février dernier, le ministre de l’intérieur Gérard Collomb s’est déclaré ouvert à l’idée de déléguer certaines missions de sécurité au secteur privée. Qu’en pensez-vous ?
La vocation de démocratisation de Verisure s’accompagne aussi d’une volonté de renforcer la dimension professionnelle de ce métier. Dans ce cadre, il est indispensable de renforcer le partenariat public/privé. Aujourd’hui, nous traitons plus de 2 millions de signaux d’alarmes par an, alors que moins de 10.000 nécessitent une intervention des services de secours. Nous nous assurons que la police, les pompiers, les ambulanciers, ne se déplacent pas pour rien et puissent se concentrer sur leurs missions. Comment communiquer plus rapidement ? La vitesse est l’essence même de notre métier et nous souhaitons partager ce professionnalisme avec les forces d’intervention. Nos équipes sont qualifiées pour effectuer une levée de doute et dispatcher sur le terrain la bonne réponse. Une mission parlementaire est actuellement en cours, nous nous tenons à disposition pour y apporter notre savoir et notre expertise. Nous avons tous à y gagner.

Vous parliez justement de vos équipes, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
Nous employons 150 chargés d’assistance qui traitent 24h/24 les 2 millions de signaux d’alarmes que nous recevons tous les ans. Tous nos collaborateurs sont certifiés et doivent passer une enquête de moralité. La sécurité plus qu’un métier, doit être une véritable passion. Nos équipes sont des professionnels capables de traiter une situation en moins de 15 secondes. L’intelligence humaine est une condition sine qua none : le regard d’un expert avisé permet de faire la différence entre une situation critique et une autre qui ne nécessite pas d’intervention. Nos chargés d’assistance interviennent également en « post-assistance » après un événement. Ils restent au téléphone parfois 30minutes pour rassurer le client. Ce métier nécessite une grande sensibilité humaine. Nos équipes sont également là pour proposer le meilleur service possible : la vraie valeur ce sont eux, ceux qui sont sur le terrain. Les collaborateurs que nous employons dans nos 70 agences apportent la meilleure réponse aux besoins des clients. Comme je dis souvent « Nous faisons de la haute couture pour le grand public ! ». Au-delà de nos 150 chargés d’assistance, ce sont plus de 2000 professionnels, tous salariés de Verisure, qui sont quotidiennement au service de nos protégés.

Comment voyez-vous l’avenir de Verisure ?
Très positivement ! Nous avons un taux de croissance de 20% renouvelé depuis dix ans et une vraie reconnaissance du marché français pour notre approche du métier. Nous avons beaucoup d’ambition en France, il reste encore un large territoire à conquérir. Je me considère comme un ambassadeur de la sécurité domestique, et mon objectif est que Verisure impose la sécurité comme l’airbag s’est imposé dans les voitures. Grâce à notre expertise, vivre sereinement chez soi c’est possible !

-

Jules Lavie : L’essentiel est que l’on se batte pour ce que l’on croit

Jules Lavie
Cofondateur et Directeur de la rédaction de Vraiment

Jules LavieL’actu « chaude », c’est quelque chose que Jules Lavie connaît bien : journaliste à France Info il a couvert tous les soubresauts de l’actualité pendant 15 ans. Aujourd’hui, aux côtés de Julien Mendez et de Julie Morel il fonde un nouvel hebdo, Vraiment, dont le premier numéro a été diffusé le 21 mars dernier. Objectif : proposer de l’analyse de fond et des sujets variés dans un paysage où la course au clic et les vidéos buzz ont fini par nuire à la qualité de l’information. Jules Lavie répond à nos questions et nous dévoile ce qui se cache « vraiment » derrière ce nouveau magazine.

Comment est née l’aventure Vraiment ?
J’ai rencontré Julien Mendez en allant chercher ma fille à l’école. Nous avons sympathisés et en discutant nous nous sommes rendus compte que nous n’avions plus de journal de cœur. On s’est alors lancé le pari de lancer notre propre hebdomadaire. Nous avons commencé à travailler dessus en février 2017 : je m’occupais de recruter les journalistes et Julien, docteur en économie qui a fait ses armes à l’Agence de Participation de l’Etat, s’occupait de trouver les financements. J’ai pris contact avec de nombreux journalistes de presse écrite : Sandrine Chesnel de l’Express, Thibault Raisse du Parisien etc. De son côté Julien a rencontré l’imprimeur Léonce Deprez (qui édite déjà le magazine Society). C’est ainsi qu’une petite équipe s’est créée ! Julie Morel nous a rejoint en juin et nous avons ensuite pris nos premiers locaux de coworking en août.

Notre fonctionnement obéit à une double logique entrepreneuriale et rédactionnelle. Nous avons également un fonctionnement différent des autres magazines : 5 jours de décalage entre l’impression et l’expédition, quand les autres hebdos n’en ont 3. Ce qui fait que nous imprimons et nous diffusons à un prix moins élevé. Ce temps long nous pousse de plus à être fidèles à notre ligne éditoriale qui est de ne pas faire d’actu « chaude » mais de proposer des contenus de fond.

Pourquoi avoir choisi le format papier ?
Avec les magazines papiers le modèle économique est simple : les recettes proviennent de la vente du journal, qui permettent ensuite de rémunérer les journalistes et de payer les frais. Sur internet c’est plus difficile : certes l’investissement de départ est moindre, mais il est beaucoup plus difficile de pousser les gens à s’abonner. Aujourd’hui la seule exception, en plus des versions Web des grands journaux nationaux Le Monde et Le Figaro, c’est Mediapart. De leur côté, Slate et le Huffington Post par exemple sont en très mauvaise santé financière. Avec le papier on est sur un modèle économique avec une structure précise, on sait que l’on ne va pas vendre des centaines de milliers d’exemplaires, mais au moins le modèle économique est clair. Et ces dernières années certains titres de presse écrite ont rencontré un tel succès qu’ils ont aujourd’hui bien installés comme Le 1 ou Society.

Quels types de contenus proposez-vous dans Vraiment ?
Nous proposons une dizaine de sujets longs par semaine dans la partie « informations » qui est structurée selon des rubriques classiques : France, économie, Monde. Ensuite dans la rubrique « Au Calme » nous mettons en avant des sujets « mieux vivre » et « culture ». Notre méthode : mêler le terrain, le reportage et l’analyse, l’expertise. Nous sommes un journal qui est là pour nourrir la réflexion. Si un nouveau concept émerge dans la société nous allons nous interroger sur ses origines, questionner des spécialistes etc. On a un petit côté intello mais on est aussi conscients qu’on ne peut pas être spécialisés sur tous les sujets. Surtout d’un autre côté, chaque lecteur est spécialiste d’au moins une thématique ! Il faut donc que l’on essaye toujours d’être les plus sérieux et concis possible. Lorsqu’un lecteur découvre un nouveau magazine il va d’abord lire un article sur un sujet qu’il maîtrise pour évaluer le sérieux du journal. Voilà notre recette : pas d’actu « chaude » et des sujets traités avec rigueur.

Pour trouver cette ligne éditoriale nous nous sommes aidés de nos lecteurs. En effet « Vraiment » est le fruit d’une co-construction. C’est Julie Morel  qui a eu cette idée : s’appuyer sur une communauté de lecteur pour affiner notre projet. Un exemple : nous avions au départ l’idée de faire chaque semaine une couverture mono-sujet. Or nous proposons à chaque fois 8 dossiers sur des thématiques différentes. Le risque avec des couvertures à sujet unique c’est que l’on sous-vende notre titre, sans rendre compte de toutes les thématiques abordées. C’est grâce à notre communauté que nous avons pu aboutir à ce résultat.

Quel regard portez-vous sur le renouvellement du paysage médiatique français (Le Nouveau Magazine Littéraire, Le Média, AOC etc.) ?
Je trouve que c’est génial que de nouveaux médias se créent, même si je suis conscient que tous n’y arriveront pas. Depuis 350 ans des journaux se créent, d’autres disparaissent c’est comme ça, mais c’est toujours stimulant de sentir un vent frais souffler sur la presse française. Surtout si ces médias militent pour de l’information sérieuse et contre le buzz et les titres à clic. L’essentiel c’est que l’on se batte pour ce que l’on croit ! Je suis journaliste à FranceInfo depuis 15 ans et je ne peux pas me résoudre au fait que l’information se résume à des brèves ou à des vidéos buzz.  Ça me fait de la peine de voir des news magazines qui ne sont plus lus. Il y a un vrai désir de renouveau chez les lecteurs. Vraiment.

-

La recette gagnante d’un sponsoring sportif réussi ? Des valeurs communes et une construction dans la durée

Pascal CADOREL
Directeur Communication et en charge du sponsoring du Groupe SODEBO

Pascal CadorelDepuis 45 ans SODEBO régale les papilles avec des recettes plus savoureuses les unes que les autres. Pizzas, salades-repas sandwichs, box,… les produits frais concoctés sur le site historique Vendéen incarnent à la perfection l’esprit de cette entreprise familiale atypique : Partage, plaisir et liberté. Des valeurs que SODEBO retrouve dans la Voile, un sport que la marque soutient, et dont elle devenu l’un des partenaires iconiques, depuis 20 ans. Pascal CADOREL, Directeur Communication, en charge du sponsoring du Groupe, revient avec nous sur un sponsoring sportif qui a plus que jamais le vent en poupe !

L’histoire de SODEBO ?
C’est avant tout une belle histoire de famille. L’entreprise a été créée en 1973 par Joseph et Simone Bougro à Saint-Georges-de-Montaigu, un couple d’artisans charcutiers-traiteurs passionés, et visionnaires. Depuis 2000 ce sont leurs trois filles qui président aux destinées de l’entreprise : Marie-Laurence GOURAUD, Patricia BROCHARD et Bénédicte MERCIER, Co-Présidentes du groupe.

SODEBO (NDLR : pour Société des établissements Bougro) est aujourd’hui le leader Français du marché des produits Traiteur frais. Nos offres sont commercialisées en Grandes et Moyennes Surfaces, mais aussi en restauration hors domicile.

L’une de nos spécificités, héritée de notre savoir-faire artisanal, et de notre exigence de qualité, est que nous fabriquons nous-mêmes une large partie des ingrédients qui entrent dans la composition de nos produits. Nous fabriquons par exemple notre jambon, nous cuisinons nos sauces, nous avons nos propres boulangeries,… nous cultivons même des salades !

Notre mission chez SODEBO est de proposer aux consommateurs des produits savoureux, pratiques et accessibles qui répondent aux exigences de la vie moderne.

Quelles sont les valeurs de SODEBO ?
Les trois valeurs qui régissent l’entreprise sont la liberté, le plaisir et le partage. SODEBO est une entreprise familiale et indépendante, ce qui est un vrai atout et malheureusement se fait de plus en plus rare, notamment dans le secteur alimentaire. Les fondateurs, puis ensuite l’équipe de Direction actuelle, ont réussi à faire perdurer une culture d’entreprise unique, très forte, qui depuis toujours place l’humain au coeur. On trouve chez SODEBO cette envie et cette liberté d’oser pour aller toujours plus loin, mais aussi un vrai sens du collectif, du collaboratif. Comme nous le disons souvent « Dans une entreprise qui gagne il n’y a pas de passagers, il n’y a qu’un équipage ».

Le bien-être au travail, l’épanouissement de tous, sont pour nous des attentions permanentes. Nous avons à disposition sur notre site un restaurant, une crèche, un service de conciergerie, des espaces ludiques et de créativité… nous fêtons dignement nos victoires et l’année dernière avec l’année voile exceptionnelle que nous avons vécue a été une des plus festives !

A ce titre, SODEBO lance au printemps un sandwich rupturiste, le « Fresh ». L’innovation est une priorité pour vous ?
Ce nouveau produit, très original avec cette fraîcheur gourmande à coeur, est un exemple des nouveautés régulières que nous proposons à nos consommateurs. Notre histoire de marque est jalonnée d’innovations produits majeures : Les pizzas fraîches individuelles ovales ou plus récemment les « Crust », les PastaBox, les salades-repas « Salade & Cie » ou « Mon Atelier Salade »…

Pour cultiver cet impératif dans un univers où l’innovation doit être permanente pour conserver ses positions sur les marchés, nous avons créé un « pôle Innovation » qui réunit des équipes pluridisciplinaires complémentaires (NDLR : Les services Innovation & Développement, Marketing, et Communication) qui imaginent ensemble les produits de demain.

Vous fêtez cette année 20 ans d’engagement dans la voile dont vous êtes aujourd’hui l’un des principaux acteurs. Comment vous êtes-vous lancés dans cette aventure ?
Nous nous sommes lancés dans le sponsoring pour pallier à un déficit de notoriété de notre marque. C’était pour nous très stratégique. En 1998 nous étions déjà leader du marché (NDLR : 45% de parts de marché en pizzas fraîches) mais nous n’étions connus que par 1% de nos consommateurs ! Nos produits étaient connus et appréciés mais il nous fallait y associer une marque. Nous aurions pu partir sur un schéma de communication classique en nous appuyant sur les médias usuels dans l’alimentaire, mais nous souhaitions utiliser un canal plus original pour émerger, et source de sens.

Le sponsoring sportif est venu naturellement.  Il faut dire que nous avions à nos portes un des événements les plus populaires : Le Vendée Globe. Nous avons passé en revue différents sports et nous nous sommes arrêtés sur la voile : Un sport qui bénéficiait d’une image forte et positive (humanisme, aventure, rêve, performance, innovation,…), qui véhiculait des valeurs en total adéquation avec celles de l’entreprise. Un sport médiatique, et accessible à la PME que nous étions, idéal pour développer notre visibilité.

Saison après saison nous avons enregistré des retours extrêmement positifs qui nous ont confirmé le potentiel de ce type d’action de communication : En 20 ans la notoriété de notre marque a été multipliée par 12, et nous avons cumulé l’équivalent de 150 millions d’euros de retombées médias en équivalent achat d’espaces. Notre taux de sympathie auprès des personnes exposées au sponsoring, comme les intentions d’achats de nos produits d’ailleurs, a grimpé en flèche. Aujourd’hui nous sommes plus que jamais convaincus de la contribution qu’a pu avoir cette action dans le développement de notre entreprise. Nous nous retrouvons chaque année sur les grandes compétitions de voile et nous nous élançons sur des records mythiques : Route du Rhum, Transat Jacques Vabre, Tour du monde, Record de l’Atlantique,… Nous lancer dans le sponsoring était audacieux mais l’audace a toujours été notre moteur !

La recette d’un sponsoring réussi ?
Un sponsoring à succès, un projet gagnant, repose à mon sens sur un certain nombre de piliers. C’est souvent, avant tout, le résultat d’une rencontre forte entre des hommes et des femmes qui partagent des valeurs communes, et qui ont envie de construire ensemble dans la durée. Avec Thomas COVILLE notre skipper depuis 20 ans, il y a eu une sorte de « coup de foudre » réciproque. Une évidence. Aujourd’hui notre relation repose sur l’écoute, le partage, un respect mutuel, l’envie d’aller toujours plus loin. Lorsque l’on envoie un homme ou une femme sur les mers du monde, on dépasse rapidement les aspects purement communication, on s’engage de part et d’autre dans une aventure humaine intense, avec des hauts et des bas, inhérent à ce sport mécanique, où les émotions que nous vivons et que nous tentons de partager avec nos publics, sont de sublimes récompenses.

La fidélité est également un facteur clé : que l’on gagne ou que l’on perde il faut être présent , attentif. Il faut savoir rebondir vite et continuer de croire au projet dans sa durée.

Cette fidélité implique un autre principe essentiel : La stabilité dans le pilotage de l’action. Depuis notre lancement dans cette belle aventure du sponsoring l’équipe à sa tête chez SODEBO est toujours la même : Patricia BROCHARD au niveau de la Co-Présidence du groupe et moi-même à la Communication globale.

Enfin il ne faut surtout pas oublier de toujours avoir un œil sur les objectifs assignés et l’efficacité attendue : Nous menons des études de notoriété et d’image régulières, et les multiples actions que nous menons vers l’ensemble de nos cibles sont analysées avec soin afin de nous permettre d’évaluer le retour sur investissements.

La prochaine échéance de taille pour SODEBO dans la voile ?
Année après année cette réussite nous a permis d’acquérir une vraie légitimité au sein du monde de la voile. En novembre ce sera cap sur la Route du Rhum. 2019 sera pour nous, et toute la classe Ultim (NDLR : Présidée par Patricia BROCHARD), l’année d’un tout nouveau défi : La participation à une course autour du monde en multicoque et en solitaire, une première dans le monde de la voile. Une aventure hors du commun qui deviendra sans doute LA référence des grandes aventures véliques, puis poindra déjà une nouvelle édition du Vendée Globe en 2020  !  Encore de formidables moments à vivre et à partager !

-

Nicolas Vidal : La culture doit faire débat et doit poser des questions, de celles qui alimentent la démocratie

Nicolas Vidal
Fondateur et Directeur de la Publication de Putsch

Nicolas Vidal, fondateur et Directeur de la Publication de PutschEn 2007, alors qu’il n’a que 27 ans, Nicolas Vidal fonde BSC NEWS, premier web magazine culturel français. Alors que le pure-player ne comptait qu’une trentaine de lecteurs lors de son lancement, en 2017 le site est visité par près de 800.000 internautes. L’occasion de faire évoluer le titre : fini BSC NEWS, place à Putsch ! Un nouveau site qui compte bien bousculer la façon dont les médias couvrent l’actualité culturelle. Cinéastes, romanciers, musiciens, dramaturges, chaque mois PUTSCH donne la parole à des personnalités d’horizons différents. Un seul mot d’ordre : faire vivre le débat !  A l’occasion de ce lancement, Nicolas Vidal, Directeur de la Publication, nous livre les orientations de son projet et sa vision du journalisme culturel.

BSC News, un des premiers pure-players culturels, devient Putsch. Pourquoi cette évolution ?
Le choix de la nouvelle marque s’est posée en juin 2017. Nous devions faire évoluer la marque média du BSC NEWS et tout naturellement la décision a été prise de changer de nom, d’arrêter le format web, maintenir l’offre papier  et de développer un nouveau site d’actualités plus adaptés aux nouveaux usages. Simultanément, j’avais également décidé de quitter Montpellier où j’ai fondé le BSC NEWS dix ans auparavant. L’environnement économique et la vitalité culturelle de cette ville ne permettaient plus de grandir sereinement sans compter la frilosité de certaines institutions concernant la question de l’innovation dans la façon de traiter des sujets culturels ou de couvrir des événements.

L’évolution du projet PUTSCH a naturellement posé  la question de la monétisation. Nous nous sommes appuyés sur l’expertise d’Hélène Froment (Mediapart, Le Monde..). Pendant dix ans nous avons vécu sur un modèle quasiment gratuit, jonglant entre des budgets publicitaires et un nombre d’abonnés qui progressait mais pas suffisamment pour se séparer de la publicité et pérenniser le média sur le long terme. Aujourd’hui, nous proposons deux offres claires : 3,99 euros par mois pour l’abonnement au site ou 7,99 euros pour l’abonnement au site et au journal papier mensuel.

Quels types de contenus proposez-vous dans ce nouveau média ?
Putsch sera le média qui bouscule l’ordre culturel établi avec une série d’entretiens de personnalités parfois piquantes et corrosives. Car la culture doit faire débat et doit poser des questions, de celles qui alimentent la démocratie. Ce spectre est très large allant par exemple d’Augustin Trapenard à Laurent Obertone, Michel-Edouard Leclerc, Enki Bilal, PPDA, Raoul Peck, Malika Sorel Sutter ou encore Jeannette Bougrab.

Ainsi nous offrons la possibilité aux lecteurs de se faire leur propre opinion. Aiguiser le libre-arbitre de tout un chacun est l’objectif principal de PUTSCH.

Parce que la culture doit faire débat, parce qu’il y a une nécessité aujourd’hui de bousculer l’ordre culturel établi, Putsch veut être cet espace privilégié de lectures et de réflexions. Un forum indispensable et inhérent à toute démocratie ne peut exister que si toutes les voix, même discordantes et subversives, ont un espace, un lieu pour s’exprimer. Parce que Putsch ne veut rien s’interdire lorsqu’il s’agit de faire vivre la démocratie et la culture.

Putsch propose aux lecteurs passionnés de culture et de débats de découvrir une nouvelle façon de faire du journalisme culturel. Nous proposons aux lecteurs un travail de  journalistes basé sur le triptyque : culture, idées et débats.

Pourquoi avoir fait le choix de faire un magazine multi-média ?
Nous avons décidé dans un premier temps de lancer une série de supports videos diffusés sur notre WebTv dès le printemps 2018. Deux programmes sont déjà en cours de préparation. Cette corde manquait à notre arc. Et nous nous devions de proposer du contenu vidéo de qualité. Le maintien du support a été mûrement réfléchi.

Concernant la version Print, nous travaillons de concert pour cela avec la Start-Up PayPerNews qui excelle dans ce domaine. Le modèle économique du journal papier, dont la nouvelle formule se nommera aussi PUTSCH, est sécurisé car sans risque de remettre en cause l’existence du média. Elle viendra renforcer nos offres d’abonnement.

Par cette présence multi-supports, nous essaierons ainsi de toucher via notre positionnement sur le web des lecteurs qui pourraient être tentés de porter crédit aux Fake News. Chez Putsch, nous nous en tiendrons aux idées et notre expérience d’une décennie dans les médias avec BSC NEWS a renforcé cette conviction.

Que vous inspire le traitement de la culture dans les médias aujourd’hui ?
Nous sommes partis du constat qu’il y a une uniformisation des contenus, des invités et très souvent des idées dans une sorte de bulle idéologique qui ne correspond pas à notre idée de la démocratie. Pour une société très portée sur l’exigence de la diversité, PUTSCH met à l’honneur la diversité d’idée et d’analyses sans préjugés, ni parti pris de la part de la rédaction. Nous tenterons donc de réconcilier une partie du lectorat déçue des médias qui ne se reconnaissent plus dans la façon dont est traitée l’actualité.  Nous espérons fédérer le maximum d’abonnés autour de PUTSCH afin de pérenniser le média et prévoir de nouveaux développements pour 2019.

Nous espérons également que notre ligne éditoriale séduira les lecteurs déçus par les médias traditionnels. Chez PUTSCH, nous nous en tenons aux idées, aux débats et à l’ouverture d’esprit.

Putsch ne sera d’aucune tendance, d’aucune chapelle et ne sera pas militant. Néanmoins, nous militons ardemment pour le débat d’idées.  En somme, il faut aller dans les marges du journalisme, c’est là que se trouve le sillon fécond de la démocratie.

Quelles futures personnalités comptez-vous interroger ?
Nous ouvrons sur PUTSCH un espace de tribunes où plusieurs personnalités prendront la parole sur des sujets culturels divers. Et c’est une nouveauté pour nous. Dès le mois d’avril, nous publierons une série de tribunes pour nourrir cette volonté de pluralisme. Nous sommes prêts à accueillir toutes les voix qui sont sensibles à la culture et aux débats d’idées. Et nous discutons avec tout le monde sans corporatisme, sans a priori. Car, chez Putsch, il n’y pas de gens blacklistés.

A noter que nous publions déjà les dessins succulents du grand dessinateur de presse, André Bouchard qui collabore avec nous depuis plusieurs années.

Enfin, nous avons le plaisir d’accueillir notamment chez Putsch l’humoriste David Azencot (Europe 1 & Canal+) qui publiera chaque mois une chronique video sur la WebTv de PUTSCH. Et je cite souvent Pierre Desproges qui disait  « qu’on peut rire de tout mais pas avec tout le monde ». Chez PUTSCH, nous tenterons de rallier le plus grand nombre de lecteurs autour de la culture et du débat.

Le site de PUTSCH : www.putsch.media

-

Nous sommes désormais les seuls en Europe à fournir une offre aussi large et complète

Fabien Pierlot
Co-fondateur de COYOTE

Fabien Pierlot, fondateur de COYOTEcoyoteDepuis 2005 COYOTE c’est plus de 5 millions d’utilisateurs qui s’échangent quotidiennement des informations sur les limitations de vitesse et les événements de la route (dangers, accidents, déviations, chantiers etc.), 12 millions d’informations traitées chaque mois et un chiffre d’affaires de près de 120 millions d’euros. Mais COYOTE est avant tout un pionnier de la French Tech dont les technologies, brevetées en France, se déclinent sous forme de boîtiers, d’applications et de solutions directement embarquées dans les voitures. Avec l’intégration du groupe TRAQUEUR, COYOTE entend désormais conquérir le marché B-to-B et se développer sur le continent américain. Fabien Pierlot, co-fondateur, revient avec nous sur l’histoire de cette pépite française et nous dévoile sa stratégie pour les prochaines années.

Comment est né COYOTE ?
J’ai toujours été un passionné de voiture. A la fin de mes études en 2002 j’ai lancé « Flash Info », un serveur vocal permettant aux automobilistes d’être informés de la présence de radars. Très vite le succès a été au rendez-vous ! L’idée m’est rapidement venue d’imaginer des technologies plus modernes comme le GPS et le GSM afin de créer un produit communiquant. Ma rencontre avec Jean-Marc Van Laethem a marqué un véritable tournant ! Nous avons développé un système que nous avons lancé en 2006 : un boîtier inédit, fabriqué en France, ainsi qu’un abonnement en partenariat avec SFR. On peut dire qu’on a créé le premier Smartphone avant l’heure ! Nous avons tout construit de A à Z, Jean-Marc s’occupant de la partie technique, et moi du reste. Les radars se multipliant sur les routes de France à l’époque, nous avons su surfer sur l’actualité et répondre à une vraie demande. Au départ nos acheteurs étaient principalement des aficionados, mais au bout d’un an et demi nous dénombrions 30.000 à 50.000 utilisateurs. Nos produits ont commencé à être référencés et distribués auprès des grandes enseignes et des fabricants automobiles. Nous utilisions deux technologies qui permettaient d’informer un public assez large de la présence de radars, des limitations de vitesse, et de l’état du trafic. Tout ça depuis un garage parisien !

En 2009 vous prenez le virage du numérique et lancez votre application. Racontez-nous.
Oui, c’est mon associé, Jean-Marc Van Laethem, qui a tout de suite flairé le potentiel de cette nouvelle technologie. Pendant 4 ans nous avons vendu du hardware mais dès 2009, soit à peine un an après la sortie du premier IPhone, l’application COYOTE était disponible sur l’App Store. En un an ce sont plus d’un million d’utilisateurs qui l’ont téléchargée ! Aujourd’hui nous sommes une communauté multi-support : nos interfaces fonctionnent aussi bien sur boîtier que sur Smartphone. Nous avons plus d’une centaine de développeurs qui travaillent tous les jours à l’amélioration de nos contenus pour toujours proposer le meilleur à nos clients. En 8 ans nous sommes passés de 2 à 360 employés.

En plus de la signalisation des radars, COYOTE entend également améliorer la sécurité routière ?
Oui nous sommes partis du constat qu’il n y a rien de mieux que l’œil de l’automobiliste pour avertir des dangers de la route. L’idée était donc de ne pas simplement créer un dispositif qui renseigne sur la présence des radars, mais une véritable communauté informant sur les événements de la route, les dangers, les travaux en cours, les limitations de vitesse etc. Sachant qu’un automobiliste informé en vaut 10, nous avons développé un véritable outil d’aide à la conduite !

Pourquoi avoir fait le choix du made in France ?
COYOTE est une innovation 100% française et nous sommes fiers, plus de dix ans après son lancement, de conserver l’intégralité de notre production dans l’Hexagone. Deux raisons nous ont motivé à faire ce choix : au départ, pour des raisons logistiques, il était plus simple d’avoir une usine de production en France, à portée de main. Ensuite nous avons rapidement choisi de valoriser le savoir-faire français en matière d’IT. Aujourd’hui COYOTE génère plus de 300 emplois aux quatre coins de la France : Suresnes, Bordeaux, Montauban, Amiens, Evreux…

COYOTE dispose également de boutiques dans plusieurs pays d’Europe. Il est important de disposer de vos propres espaces de vente ?
Dès le départ je voulais pouvoir contrôler notre réseau de distribution. Le premier COYOTE Store a ouvert en 2009 et il y en a désormais une vingtaine de répartis en Europe ainsi que 25 magasins éphémères et boutiques dans de grands centres commerciaux. Je pense qu’il n y a pas mieux qu’un vendeur COYOTE pour expliquer un produit COYOTE. Aujourd’hui 65% de nos ventes se fait en direct. A travers nos filiales et nos boutiques nous sommes présents en Italie, au Benelux et en Espagne.

Pourquoi avoir lancé en 2017 le COYOTE LAB, votre propre laboratoire de recherche et développement ?
La plateforme que nous avons conçue il y a 12 ans comprend aujourd’hui près de 5 millions de membres et est donc devenue un peu obsolète, moins souple à utiliser. Pour imaginer la future plateforme COYOTE, nous avons choisi de traverser l’Atlantique et de créer notre propre laboratoire de recherche et développement. Nos développeurs réfléchissent à une nouvelle plateforme qui permettra de délivrer des messages encore plus ciblés en fonction des spécificités de chaque pays. Par exemple, un soir de match du Paris-Saint-Germain, les automobilistes à proximité du Parc des Princes seront informés des éventuelles perturbations, et un itinéraire de substitution leur sera proposé. Nous avons choisi le Québec car l’université de Laval est réputée mondialement pour son expertise en Big Data. Ensuite car cela nous permet de poser un pied sur le continent américain en vue de conquérir un nouveau marché. Notre objectif pour 2018 : créer une vraie force de vente et concurrencer Google sur son propre terrain. Nous sommes un peu le petit village Gaulois qui se dresse contre le géant des GAFA !

En février 2018, vous avez annoncé l’achat du groupe TRAQUEUR. Que visez-vous avec cette intégration ?
Traqueur était déjà un de nos principaux partenaires commerciaux depuis une dizaine d’années. Le groupe se positionnait sur la géolocalisation et le vol de voiture, tandis que notre cœur de métier était « l’alerting », un secteur très B to C. Depuis deux ans nous avons eu de plus en plus de demandes d’entreprises cherchant un système de géolocalisation pour leurs parcs de véhicules. En intégrant TRAQUEUR, COYOTE se lance sur le marché B to B avec une offre beaucoup plus large et complète.  Nous sommes désormais les seuls en Europe à offrir à la fois l’alerting géolocalisé, l’aide à la conduite, le tracking de véhicules volés et bientôt un service d’assurance. Notre objectif et d’attaquer le marché européen avec une offre disruptive et unique.

Le 13 février dernier COYOTE a réuni plus d’une vingtaine de journalistes à l’Eléphant Paname pour annoncer l’acquisition de TRAQUEUR. L’occasion pour Fabien Pierlot d’échanger avec les médias et faire un point sur les activités de l’entreprise.

conférence de presse COYOTE

-

Xavier de Moulins : Ce qui m’intéresse c’est de raconter le monde en mouvement

Xavier de Moulins
Journaliste et romancier

Xavier de Moulins – Journaliste et romancierDepuis 2010 Il incarne l’information sur M6. Présentateur du JT du soir, le 19 45, ainsi que du magazine d’information du week-end, 66 Minutes, Xavier de Moulins est un accro à l’info. Après avoir fait ses classes sur Canal + dans l’émission culte « Nulle Part Ailleurs », ainsi qu’à la présentation du programme phare des noctambules parisiens « Paris Dernière », il propose chaque soir de la semaine un journal télévisé qu’il veut « proche des téléspectateurs ». A l’antenne du lundi au dimanche, Xavier de Moulins n’en délaisse pas  pour autant son autre passion : l’écriture. Auteur de 5 romans, dont l’un a été librement adapté au cinéma en 2016, son dernier ouvrage, Les Hautes Lumières, a été publié en octobre 2017 aux éditions Jean-Claude Lattès. Rencontre avec un journaliste/écrivain pour qui le monde se raconte tous les jours.

De Canal+, en passant par Paris Première, à M6 aujourd’hui, vous officiez à la télévision depuis bientôt 20 ans. Pourquoi ce média en particulier ?
J’ai toujours voulu être journaliste, peu importe le média. J’ai d’abord travaillé pour la presse écrite, puis je suis passé par la radio, la télévision, le digital. Un jour la télévision m’a ouvert ses portes et j’y suis resté car c’est un média qui permet d’être au contact des autres. A travers les magazines, les reportages, les documentaires, ce qui m’intéresse c’est de raconter le monde en mouvement. J’aime créer un lien avec les gens qui nous regardent, leur donner un maximum d’éléments pour qu’ils se fassent un avis, mettre cartes sur table dans un monde ou l’information est parfois tordue, renversée.

Vous êtes à la tête du JT de M6 depuis 8 ans, et les audiences ne cessent de battre des records. Comment expliquez-vous un tel succès ?
Je pense que ce succès réside dans la manière dont nous fabriquons l’information. Nous essayons constamment de l’amener de façon rythmée, pédagogique, variée, surtout en ce qui concerne les sujets plus magazines. De plus, à force d’être présent chaque soir dans le foyer de millions de français on finit par être un marqueur de leur temps, de leur journée. On rentre dans leur intimité, il y ‘a tout de suite un lien qui se crée avec eux. Moi ce n’est pas la caméra qui m’intéresse, mais les gens qui sont derrière le poste de leur télévision.

Vous avez publié en octobre 2017 votre 5ème roman Les hautes lumières. En tant que journaliste/romancier, comment l’actualité nourrit-elle votre écriture ?  
On est confronté tous les jours à l’actualité, elle est nécessairement là, sous notre nez. Même si l’on ne peut pas tout prendre, à travers la fiction on essaye d’échapper au réel en en créant un autre. L’objectif du roman est de poser des questions sur le monde d’aujourd’hui. Je n’écris pas de romans historiques car je veux que le lecteur s’interroge sur ce qui l’entoure. Il faut toutefois tracer une ligne claire entre fiction et réalité : lorsque je suis journaliste je ne cherche pas à romancer l’actualité ou à la maquiller. Il s’agit de deux mondes étanches mais qui peuvent amener au même point : s’interroger sur le monde qui nous entoure.

Vous avez animé le 20 janvier dernier une « Nuit de la Lecture. Racontez-nous.
La « Nuit de la Lecture » a été pour moi l’occasion de mettre la littérature et le goût de la lecture au centre d’une émission, l’espace d’un instant. Cette émission était retransmise en direct sur Facebook. J’ai convié 25 écrivains autour de moi pour qu’ils racontent leur rapport à la lecture, et qu’ils en profitent pour lire des extraits de leurs ouvrages ou d’œuvres qui ont marqué leur vie. Cela a été un vrai challenge que l’on a réussi haut la main, et un véritable moment d’exception. Les nouvelles technologies permettent de prendre le temps, d’avoir une certaine souplesse et de toujours imaginer de nouveaux formats. Une expérience à renouveler !

Vous apportez votre soutien à Handicap International. Est-il important que des vedettes comme vous s’engagent auprès d’associations sociales et/ou humanitaires ?
Nous sommes dans un milieu privilégié et je pense qu’il est important de donner de notre temps à ceux qui le sont moins. Je me suis senti proche du combat d’Handicap International en tant que valide mais surtout en tant que père. C’est une chance de donner un coup de projecteur sur ces organisations.

Un mot sur vos futurs projets ?
La fiction en général est un registre qui me passionne. Le théâtre, comme d’autres formes d’expression, sont des genres qui m’attirent mais je préfère me laisser le temps de savoir dans quels territoires je vais m’aventurer. Nous verrons bien !

-

Nous voulons peser sur le marché et proposer quelque chose de différent

Jérémie Rosselli
General Manager France de N26

Jérémie Rosselli, General Manager France de N26Dans l’univers des banques en ligne, N26 tire bien son épingle du jeu. Lancée en Allemagne il y a tout juste 3 ans, la néo-banque se lance à la conquête du marché anglo-saxon en 2018 avec un déploiement aux Etats-Unis et en Angleterre. Véritable pionnier dans le secteur de la banque mobile, N26 séduit de plus en plus les clients de toute l’Europe. Le General Manager France, Jérémie Rosselli, nous explique la recette d’un tel succès.

Quel était l’objectif de N26 lors de son lancement en 2015 ?
Dès le départ nous souhaitions être une banque du quotidien à l’échelle européenne. Et on peut dire que l’on a réussi ! Aujourd’hui, N26 permet de faire toutes les opérations de tous les jours : payer, effectuer des virements, recevoir de l’argent très simplement depuis son Smartphone. Nous sommes présents dans 17 pays en Europe et nous avons pour objectif de couvrir tout le spectre des produits bancaires, et même plus. En Allemagne, nous proposons déjà à nos clients des services de crédit, d’épargne, d’investissement et d’assurance. N26 est présent en France depuis seulement un an et compte déjà plus 200 000 clients dans l’Hexagone. Notre succès en 2017 prouve qu’il y a une vraie demande pour la banque mobile en France. Nous allons sensiblement accélérer cette année notre rythme d’innovation car nous voyons le potentiel d’attirer rapidement plus d’un million de clients dans l’hexagone.

Qu’est-ce qui différencie N26 de ses concurrents ?
N26 est reconnue sur le marché pour son expérience utilisateur, simple tout en mettant à profit les technologies les plus récentes : virement immédiat sans besoin de rentrer ses coordonnées bancaires, blocage ou déblocage de la carte sur simple pression du pouce… Tout est fait pour que le client soit le plus à l’aise possible. Tout se fait en temps-réel : vous recevez la notification avant même que l’argent soit sorti du distributeur ou que le ticket de caisse soit imprimé. La transparence constitue notre deuxième argument de poids. Nous voulons que le client ait toutes les informations en main avant de prendre une décision : il connaît les coûts de chaque opération et de chaque transaction avant d’agir. Nous sommes très attachés à ces valeurs.  Enfin notre approche 100% numérique et paneuropéenne nous permet d’être ultra-compétitifs. Le compte de base avec sa carte de paiement est par exemple gratuit.

N26 a récemment lancé son crédit à la consommation. Une étape symbolique ?
Cela constitue en France une véritable révolution. Aujourd’hui, les nouveaux acteurs de la banque numérique ne proposent que l’ouverture de comptes courants et la mise à disposition de modes de paiement. Avec le lancement du crédit à la consommation, nous démontrons que nous pouvons concurrencer les banques traditionnelles sur leurs activités historiques. Nous sommes capables de capitaliser sur notre avance technologique car nous proposons des crédits de façon entièrement digitale (jusqu’à 40.000€ en seulement quelques clics depuis le mobile). Notre offre est très attractive et même imbattable sur les petits crédits.

Quel regard portez-vous sur le marché des banques en ligne ?
Indépendantes à leurs débuts, les banques en ligne sont très rapidement devenues des versions web des banques traditionnelles. Il n’y a ni innovation ni réelle compétition. Pourquoi les banques traditionnelles se cannibaliseraient-elles toutes seules?

Nous sommes indépendant des grands groupes bancaires et nous entendons bien le rester. Nous voulons peser sur le marché et proposer quelque chose de différent. C’est un nouveau marché, sur lequel il y’a beaucoup d’opportunités, et N26 va les saisir.

Un dernier mot ?
Essayez N26. Il suffit de télécharger l’application et d’ouvrir votre compte en 8 minutes, gratuitement et sans paperasse… Et c’est même possible de le faire un dimanche.

-

Sylvain Bourmeau : Il est devenu impérieux de pouvoir formuler autrement les questions que pose l’actualité

Sylvain Bourmeau
Journaliste et fondateur d’AOC

Sylvain BourmeauSylvain Bourmeau en a connu des médias : passé par la presse écrite (Libération puis Les Inrocks), et numérique (Mediapart), il produit aujourd’hui l’émission “La Suite dans les Idées” sur France Culture. Un journaliste mais pas que ! Egalement professeur à l’Ecole des Hautes Etudes en Science Sociale (EHESS), Sylvain Bourmeau entend bien réconcilier les sciences humaines et sociales et le journalisme. Pour ce faire, il lance ce mois-ci son propre média numérique Analyse, Opinion Critique, ou AOC, dont l’objectif est de donner la parole à des chercheurs, scientifiques ou intellectuels ayant une connaissance fine des sujets traités. En ce début d’année 2018, il précise son projet, qui s’intègre dans le renouvellement du paysage médiatique français.

Vous lancez en janvier 2018 Analyse Opinion Critique, ou AOC, un quotidien numérique. Comment vous est venue l’idée de lancer ce média ? Pourquoi avoir choisi le format numérique ?
C’est un vieux rêve rendu possible par la mutation numérique. Depuis très longtemps j’avais envie de mettre au jour un journal intellectuel, un média qui permettrait de se saisir de l’actualité au prisme des travaux des sciences humaines et sociales notamment. Ce projet est devenu plus nécessaire à mesure que le journalisme s’est standardisé, il est devenu impérieux de pouvoir formuler autrement les questions que pose l’actualité, et non seulement d’y apporter des réponses différentes. Le fact checking ne saurait suffire dès lors que c’est la manière de problématiser qui se trouve en question. La mutation numérique ne permet pas seulement d’élargir les audiences de médias existants, elle permet aussi de construire de nouveaux médias qui, à l’inverse, entendent devenir rentable avec des publics raisonnables. A rebours des journaux qui se servent d’internet pour démultiplier leur audience, AOC entend bâtir un média durable sur un public limité mais solide.

Vous avez la particularité d’être journaliste et universitaire. Selon vous, quelle place occupent les intellectuels au sein du paysage médiatique français ? Comment percevez-vous la relation entre journalisme et sciences sociales ?
Les intellectuels reconnus par les médias sont hélas rarement ceux qui comptent véritablement au plan scientifique. L’inertie est considérable, on a l’impression qu’il y a parfois des décennies d’écart entre la réalité du débat scientifique et le reflet qu’en donnent les médias, à l’exception de certains médias bien sûr, au premier rang desquels France Culture. Le journalisme et les sciences humaines sociales entretiennent des relations de méfiance réciproque, liée à la situation de concurrence dans laquelle ils se trouvent. Le journalisme gagnerait pourtant à se nourrir des sciences humaines et sociales, et les chercheurs en sciences humaines devraient de leur côté apprendre à mieux se soucier de l’actualité, et à prendre leur part du journalisme, qui est une fonction sociale et ne saurait devenir le monopole des journalistes professionnels détenteurs d’une carte bleu blanc rouge.

Le succès de Figarovox, lancé il y a trois ans, traduit-il selon vous, un goût particulier des lecteurs pour les idées ? Pensez-vous qu’aujourd’hui il manque, en France, un espace d’expression qui « structure le débat » ?
Figarovox est un courrier des lecteurs à l’heure numérique, je ne suis pas certain qu’il participe véritablement de la structuration du débat sauf à indiquer en permanence le pôle le plus réactionnaire.

En entrant  au capital de Challenges, Renault rejoint Vivendi, Lagardère ou encore LVMH dans la liste des grands groupes industriels propriétaires de médias. Quel regard portez-vous sur cette tendance ?
En France, la concentration dans le domaine des médias atteint des niveaux inimaginables si l’on compare aux Etats-Unis, où des lois empêchent ce type de situation. C’est inquiétant. Mais à se focaliser uniquement sur les questions d’actionnariat, on en oublie ce qui est encore bien plus important à mes yeux : les modèles économiques des médias et leurs conséquences pour le fonctionnement de l’espace public. Voilà le vrai danger.

Le Média, Ebdo, Le Nouveau Magazine Littéraire et bien-sûr AOC… 2018 voit naître des médias qui ambitionnent de donner un nouveau souffle à l’information. Un commentaire ?
C’est un signe très positif. C’est indéniablement le moment de tenter des choses avant que tout ne se referme !

-

Frédéric Taddeï : J’ai toujours été transgressif

Frédéric Taddeï
Journaliste

Frédéric Taddeï interviewOn l’adore. Il est LE journaliste de ces 25 dernières années. Animé d’une curiosité intense qui le fait passer de Paris Dernière de 1997 à 2006 à Ce Soir ou Jamais (de 2006 à 2016 sur France 3 et France 2). .

Aujourd’hui sur Europe 1 en direct du lundi au jeudi aux manettes de « Europe Social Club », Frédéric Taddeï, l’homme des médias également patron de Lui et créateur de d’Art d’Art depuis 2002, nous livre quelques secrets de sa personnalité et de ses choix.

Et… tout roule !

Aujourd’hui vous êtes essentiellement à la radio. Ce média accorde-t-il un espace de liberté plus grand que la télévision ?
« Il est encore permis d’être intelligent à la radio, à Europe 1. A la télévision, c’est de plus en plus mal vu. On a l’impression que ça va faire fuir le téléspectateur. La télé et la radio subissent toutes les deux une baisse tendancielle de leur audience, à cause d’internet, mais elles réagissent de façon différente. La télévision a tendance à baisser le niveau, elle cherche le PPCM, le plus petit commun multiple, et finit par prendre les téléspectateurs pour des idiots. C’est une catastrophe. La radio fait le contraire. Elle cherche le PGCD, le plus grand commun dénominateur. C’est plus ambitieux et plus malin. Le public n’aime pas qu’on le sous-estime. C’est pour ça qu’il fait plus confiance à la radio qu’à la télé. »

Comment choisissez-vous vos invités sur votre émission quotidienne @Europe 1 ?
« Europe 1 Social Club est une émission de décryptage du monde d’aujourd’hui, avec une heure de débat et une heure de talk-show. Tout y est abordé, des grands problèmes de société à l’art, à la culture, au sport et au divertissement. Les invités savent tous très bien de quoi ils parlent. Ce ne sont pas des chroniqueurs ni des éditorialistes. Les invités du débat sont des spécialistes reconnus et ils ne sont pas d’accord entre eux. Si vous voulez comprendre un problème, il faut comprendre pourquoi les gens ne sont pas d’accord entre eux. C’est la meilleure clef. Dans la deuxième heure, la partie culturelle, où défilent tous ceux qui écrivent des livres, font des films, des disques, des spectacles, de la cuisine ou du sport, je m’intéresse de préférence à celles et ceux qui reflètent le mieux notre époque. La promesse, c’est que si vous écoutez régulièrement cette émission, vous comprendrez dans quelle époque vous vivez, vous comprendrez ce qui est en train de se passer. »

Vous êtes depuis peu Directeur de la rédaction de Lui. Une manière de joindre l’utile à l’agréable ? #transgression ?
« Lui a toujours été un magazine ancré dans son époque. Le premier directeur de la rédaction, c’était un écrivain voyageur, le regretté Jacques Lanzmannn, qui était aussi le parolier des plus belles chansons de Jacques Dutronc, et mon prédécesseur, c’était Frédéric Beigbeder, qui ne se défend pas mal non plus. Mais c’est vrai que ça reste transgressif… Eh bien, je le reconnais, j’ai toujours été transgressif. J’ai toujours aimé sauté d’un sujet à l’autre. Dans mes émissions, on passe de la politique à l’art, de l’économie à la philo, de la culture au sexe et, vous le remarquerez, tout se répond, tout communique. Si l’on veut comprendre son époque, il ne faut rien laisser de côté. L’honnête homme du XXIe siècle est quelqu’un qui doit se sentir partout chez lui, avec l’establishment comme avec les contestataires, avec les intellectuels comme avec les artistes, avec les politiques comme avec les pirates informatiques, dans les aéroports comme dans les boîtes de nuit. »

Éclairez-nous sur vos projets, écriture d’un livre ?
« Je ne fais jamais de projets. »