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Elizabeth Martichoux : “Les réseaux sociaux ont tendance à tirer l’actualité vers le bas”

ELIZABETH MARTICHOUX

Au lendemain du second tour, quel regard portez-vous sur ces élections régionales de 2021 ?

Sans du tout se réjouir du résultat, on peut dire, qu’une fois de plus, on n’est jamais déçu par la politique. Personne n’avait anticipé à la fois un tel niveau d’abstention, le reflux du RN et la déroute de LREM. Ceux qui sont venus voter, très peu nombreux, avaient non seulement identifié les présidents de régions mais les soutenaient. Finalement, quelle que soit l’étiquette (PS, centre, LR) ils ont été reconduits. Donc les enseignements dans la perspective de la présidentielle sont minces et, pourtant, les résultats auront un impact sur le scrutin de 2022. Finalement, la seule chose qu’on sache, c’est que l’on ne sait pas. A 9 mois de la présidentielle, difficile de prédire quel sera le duel.

Quid de la couverture médiatique de ce scrutin ? 

Elle a beaucoup tourné autour des thèmes que les candidats eux-mêmes imposaient, notamment la sécurité. Difficile pour eux d’intéresser les électeurs sur les prérogatives de la région. Lycées, transports… même si c’est très concret, ça ne fait pas rêver. Il y a eu quelques débats en particulier sur LCI, de très bon niveau. Plus globalement, et ce sera valable pour la présidentielle, il faudra éviter de trop coller au rythme et aux tendances des réseaux sociaux pour rester sur des thèmes de fond.

Quel est le moment fort que vous retenez de cette campagne ? 

Des temps forts, il n’y en a pas eu. Mais elle a été marqué par le psychodrame entre LR et Renaud Muselier après la déclaration du Premier Ministre dans le JDD, l’affrontement entre le RN et Eric Dupont-Moretti dans le Nord, le sourire affiché de Marine Le Pen dans sa tournée des 13 régions qui contraste avec les résultats de son parti et l’absence de la France Insoumise dans les débats.

Quel rôle jouent aujourd’hui les journalistes politiques dans le débat public ? 

D’abord savoir hiérarchiser et trier les informations politiques, faire la distinction entre ce qui mérite d’être expliqué, commenté, et ce qui relève seulement de la petite phrase qui buzze et qui disparaîtra aussi vite. J’insiste sur la nécessité absolue de garder notre sang froid par rapport aux réseaux sociaux qui ont tendance à tirer l’actualité vers le bas, à radicaliser les termes du débat et à ensevelir les questions de fond sous une multitude de faits anecdotiques.

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