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Environnement, vie privée, formation : les Français et le numérique

Servir les enjeux écologiques

En 50 ans, le numérique a profondément métamorphosé le quotidien des Français. Un changement perçu aujourd’hui comme positif puisque pratiquement 9 répondants sur 10 (88 %) de l’enquête su Dyntec Numérique, estiment que ces technologies leur simplifient la vie. Mais du point de vue de l’intérêt collectif, le constat se révèle bien plus mitigé car  seuls 27 % font le même calcul coûts-bénéfices. A titre d’exemple, 52 % des personnes interrogées perçoivent le numérique comme un danger pour l’environnement et estiment à 37 % qu’il devrait au contraire se développer en premier lieu à son service, devant la santé (26 %) et l’enseignement (20 %) ! Ces préoccupations transparaissent en effet de plus en plus dans leurs usages, notamment en matière de mobilité : 42 % ont pour priorité de se déplacer à l’avenir de façon plus écologique, et 45 % d’entre eux soutiennent les nouveaux modes de consommation autour du partage et de la location.

Protection de la vie privée et de l’humain

Enjeu ô combien central, la gestion des données personnelles divise : plus d’un répondant sur deux (59 %) s’oppose à l’idée que des applications ou appareils collectent leurs données et suivent leurs activités même si c’est pour leur faciliter la vie. De façon générale, ils sont même 64 % à considérer le numérique comme un danger pour le contrôle de leur propre vie. Une nouvelle maturité dans les usages semble se dessiner : si les répondants estiment ne pas pouvoir se passer d’Internet (80 %) ou de GPS (60 %), ils sont désormais plus de 50 %, toutes générations confondues, à penser pouvoir faire sans réseaux sociaux !

 

Une maturité des usages qui fait émerger un défi d’acceptabilité des technologies au niveau sociétal. 52 % des sondés s’inquiètent des conséquences de la robotisation et de l’automatisation sur l’avenir de l’emploi. La place de l’humain dans les développements à venir interroge : ainsi, 54 % avouent préférer prendre un avion avec un pilote plutôt que sans, même s’il a statistiquement plus de chances de s’écraser. Sur un plan médical, le constat est encore plus flagrant : 68 % affirment qu’ils appelleront toujours un médecin en priorité s’ils ont un problème de santé plutôt que de consulter une application proposant des diagnostics s’appuyant sur des millions de cas.

Accompagner la formation et soutenir l’attractivité des métiers du numérique

A l’heure où l’ensemble des secteurs organisent leurs transformations numériques, les répondants se déclarent en majorité (64 %) confiants pour affronter les évolutions du monde du travail auxquelles ils seront confrontés dans les années à venir. Cela étant, une majorité d’entre eux (55 %) se sent plutôt seule face à ces mutations qui s’annoncent. Dans ce contexte, l’attractivité du secteur numérique en tant que tel – pourtant perçu comme l’avenir – apparaît aussi comme un véritable enjeu.  Car si 26 % des répondants seraient prêts à s’engager avec enthousiasme dans une formation en informatique (ou ont déjà fait ce choix) 41 % concèdent ne pas être intéressés par ce type de filière. A l’heure où le secteur du numérique fait face à des difficultés de recrutement, l’éducation et la communication autour du sujet restent donc de rigueur.

 

« Si cette grande consultation publique révèle une certaine maturité des Français face au développement des technologies dans leur quotidien, elle souligne aussi la nécessité de les rassurer sur des sujets clés : l’écologie, la place de l’Homme face à la machine et l’évolution de leurs compétences professionnelles. Il s’agit de trois défis majeurs à relever pour notre secteur mais également pour les pouvoirs publics, impliquant un travail de co-construction pérenne afin de préparer un futur numérique et technologique sécurisant, dans lequel chacun se retrouve. » 

Godefroy de Bentzmann, Président de Syntec Numérique