Le récit à l’épreuve des faits
L’économie de l’attention. Un concept dans lequel on s’est déjà vautré. Mais qui prend un tout nouveau sens lorsque l’on assiste médusés à une guerre des récits. Dans un monde saturé de contenus amplifiés par l’IA, les versions du réel s’affrontent. Et la confiance s’érode. Brutalement.
Mais à qui profite le crime ? Aux médias. Mais pas n’importe lesquels. Ceux auxquels on accorde encore sa confiance. Et ils sont de moins en moins nombreux.
Les LLM, eux, ont tranché. Pour construire leurs réponses, ils s’appuient d’abord sur les faits (origines, preuves, brevets, données vérifiables). Ce qu’on pourrait appeler le contrat de vérité (le contrat de base ?) entre une marque et son public. Ensuite, sur la réputation des sources qui en parlent. Pas ce que la marque dit d’elle-même car l’IA s’en méfie un peu. Ce que les médias de référence disent d’elle. Nuance.
En cela, l’IA n’est qu’un miroir. Elle ne fait que refléter impitoyablement l’empreinte laissée par une marque dans l’écosystème digital et médiatique.
La conséquence est mécanique : si l’IA a fait chuter le coût des mots, elle a dans le même temps fait monter celui de la crédibilité. La visibilité ne suffit plus. Ce qui compte désormais, c’est l’autorité du discours et des sources qui le portent.
Le récit, pour autant, n’a pas à s’effacer. Mais il doit résoudre une équation : storytelling x preuves x sources d’autorité. En d’autres termes, être suffisamment fort pour que les bons relais se l’approprient. Suffisamment solide pour résister à la vérification. Suffisamment ancré dans des preuves pour exister au-delà de celui qui le raconte.