Souriez, vous êtes snapés !

Instagram, Pinterest, Mobli… Les applis de partages de photos et vidéos prennent la pose sur vos smartphones. Mais dans la famille, c’est le petit fantôme de Snapchat qui fait fureur en ce moment. Retour sur le phénomène qui séduit la génération Y mais aussi les marques. Attention, cet article, comme un Snap, risque de s’autodétruire dans quelques secondes. Dépêchez-vous de le lire !

par Aline Van Hoecke, directrice éditoriale, agence analogue

« Quoi, tu connais pas Snapchat ? » s’est écrié mon petit cousin devant mon air interloqué quand je lui demandais ce qu’était l’appli au petit fantôme sur son smartphone. Une fois passé le coup de vieux, je me suis vite mise à la page grâce à ses explications. Snapchat cartonne depuis près de deux ans chez les 15/25 ans. Jugez du peu : près de 100 millions d’utilisateurs par mois et 760 millions de snaps envoyés chaque jour (contre 6 en avril 2012). Balayé Instagram et ses fonctionnalités de retouches. Ici, l’éphémère est roi : la mode est au cliché ou à la vidéo qui s’autodétruit au bout de 10 secondes, parfois moins, selon le bon vouloir de l’expéditeur. Chaque post peut être customisé en dessinant sur une photo ou en ajoutant un très court texte.

La créativité sans limite

Un concept né dans l’imagination bouillonnante d’Evan Spiegel, un jeune californien d’à peine 24 ans un tantinet tête à claques mais très créatif.  Bidouillée à la fac avec ses copains pour échanger des photos de soirées, son appli fait mouche sur les campus. Très vite, il quitte Stanford et monte sa start-up tout en continuant à vivre chez papa. Le succès est fulgurant et il s’offre même le luxe de refuser l’offre alléchante de son aîné Marc Zuckerberg, monsieur Facebook, prêt à lui racheter son concept pour 3 milliards de dollars. Il fallait oser !

Mais qu’est-ce qui fait le succès du petit fantôme ? Comme l’explique sur son blog le community manager Clément Pellerin, le snap désinhibe, « les mobinautes sont rassurés par le côté éphémère des contenus produits pour se « lâcher » un peu plus ». On peut ainsi laisser libre cours à sa créativité ! D’ailleurs, une nouvelle appli « Confide » vient de voir le jour. Son credo : être le Snapchat de la vie de bureau où l’on peut échanger entre collègues sans tabou et sans laisser de trace.

Une aire de jeux pour le storytelling

Au départ conçu pour partager des petits moments du quotidien entre amis, les marques y ont vu une belle opportunité de communiquer et s’y engouffrent, notamment celles visant un public jeune. Mais attention, le défi est de taille : elles ne disposent que de quelques secondes pour convaincre, alors mieux vaut être concis et aller droit au but. Que les marques se rassurent toutefois, le délai fatidique de 10 secondes peut être allongé grâce aux Snap stories qui permettent de partager une histoire composée de plusieurs messages pendant une journée entière. En bref, le story telling en 2 temps 3 mouvements ! L’avantage de ce réseau social : la proximité, grâce à un échange direct avec les consommateurs ou clients potentiels quand le community management est pertinent et bien ciblé bien sûr. Mais qu’est-ce qu’on peut y faire exactement ? Annoncer la sortie d’un nouveau produit, d’une promo, offrir des réductions éphémères, donner des conseils d’expert ou tout simplement se montrer, emmener les mobinautes dans les coulisses d’un événement et faire appel à la créativité des snapchatters pour gagner des cadeaux.

Le défi est de taille : les marques ne disposent que de quelques secondes pour convaincre, alors mieux vaut être concis et aller droit au but !

Et c’est évidemment outre-Atlantique que les grandes marques ont commencé à s’en donner à cœur joie. Citons Taco Bell qui, pour accroître sa communauté de snapchatters, a offert une promo à toute personne qui le rejoignait sur le réseau social. C’est aussi une des premières enseignes à avoir exploité les « stories » pour promouvoir son nouveau « Beefy Crunch Burrito ». Mac Donald’s, le leader du fast food, surfe aussi sur la vague depuis mars 2014. Sa trouvaille : se payer les services de stars connues et appréciées de sa cible. Comme le très médiatisé basketteur LeBron James, star de l’équipe de Cleveland, qui vante les mérites d’un nouveau burger dans une Snap story.