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Dessiner, c’est gagner ?

Le traditionnel Festival d’Angoulême se tenait le 26 janvier dernier. Pour sa 46e édition, l’évènement a enregistré une hausse de près de 60 % de fréquentation, due notamment à la création d’un nouvel espace Manga City. Un engouement explicite, preuve que la BD et son style crayonné remportent encore et toujours l’adhésion d’un large public : prenons-en pour preuve les portraits dessinés dans la presse ou bien la notoriété de certains artistes sur Instagram. Alors comment les marques se positionnent-elles par rapport à cette tendance ?

Si le crayonné est initialement l’action d’écrire ou de dessiner avec un crayon « à papier », le terme s’est élargi pour inclure tout autre instrument. Par exemple, un peintre peut crayonner des esquisses à la brosse, comme un auteur peut crayonner des notes ou enfin un dessinateur peut crayonner un portrait au stylo-bille. Si la connotation de ce terme peut s’apparenter au brouillon (« je vais te crayonner quelque chose en vitesse »), la réalité est toute différente. De nombreux artistes ont, depuis des années, donné à ce genre ses lettres de noblesse.

Regardons par exemple les dernières créations des dessinatrices couronnées lors du Festival d’Angoulême. Rumiko Takahashi produit des mangas depuis le début des années 80 (certains d’entre eux ont été adaptés et diffusés dans l’inoubliable Club Dorothée) et Emil Ferris des BD dont la particularité est d’être quasiment dessinées au stylo-bille (Ce que j’aime, c’est les monstres a été élu Album de l’année à Angoulême). Vous l’aurez compris, personne n’a tiré un trait sur le dessin, bien au contraire. Sous toutes ses formes, l’engouement reste le même.

Le dessin dans les médias…

Dans les médias, certains quotidiens ne s’y trompent pas. Pour les lecteurs des Echos, c’est une habitude de retrouver sur les pages « idées-débats » le portrait dessiné des personnalités qui s’y expriment. Un rendez-vous visuel que l’on peut aussi observer sur les pages « débats ou opinions » du Figaro. Pourquoi ? Pas d’explication spécifique, mais peut être l’idée que le dessin apporte une certaine proximité avec le lecteur, une certaine transparence.

Portrait de Gaspard Koening, dans Les Echos du 30/01/2019

 

L’économiste Nicolas Bouzou et la philosophe Julia de Funès dans Le Figaro du 05/09/2018

… et sur les réseaux sociaux

Sur Pinterest, Twitter ou Instagram, les internautes ne sont pas en reste. Concentrons-nous sur Instagram, réseau social phare du partage de photos et de créations, plébiscité par 700 millions d’utilisateurs actifs. De nombreux dessinateurs animent nos fils d’actualités avec des dessins plus originaux les uns que les autres. Des créations abstraites aux caricatures du quotidien, ces artistes 2.0 sont suivis par des milliers de personnes, attirées par le réalisme et l’authenticité des dessins.

Prenons Matt Blease, illustrateur, et ses créations épurées, Manik n Ratan n Drogo, cartooniste et artiste graphique qui nous dévoile chaque semaine ses « petits monstres », ou encore Alan Cloiseau, directeur artistique et son compte « attention_a_la_marche », rempli de scènes quotidiennes qu’il voit, vit et dessine en direct dans le métro.

Vers un retour du dessin pour les marques ?

Dans les débuts de la publicité, plus qu’un choix artistique, le dessin était la base pour tout affichage. Puis, avec l’arrivée de logiciels divers (Photoshop, Illustrator ou InDesign par exemple), de nouvelles techniques lui ont été préférées, plus novatrices, laissant « de côté » le crayonné. Cependant, et sans parler de tendance, certaines marques ont continué ou recommencent à utiliser cette carte dans le cadre de leur communication, non plus comme une obligation mais bel et bien comme un parti pris artistique.

En 2018, Burger King avait fait appel à l’illustrateur Shane pour promouvoir sa signature « Grillé à la flamme ». La MAIF a pris le créneau du dessin avec ses personnages crayonnés en vidéo depuis 2012 (ce qui nous rappelle vaguement le Fido Dido de 7up au début des années 90). Nous pourrions aussi citer les innombrables campagnes de street marketing, qui donnent au dessin une toute autre ampleur, à l’image d’IKEA porté par le célèbre Banksy ou  MAGNUM, en collaboration avec Thomas Danthony.

Le succès du dessin sur le grand public, dans les journaux et au cœur de la communication externe et interne d’une entreprise est réel, sans que l’on puisse pour autant en tirer une véritable interprétation. Plus que la photo ou que les montages effectués par les outils graphiques, le dessin apporte un caractère affirmé des valeurs de l’artiste en question. En communication, le parti pris du dessin et le choix de l’artiste sont de nouvelles alternatives pour définir son identité de marque.

 

Visuel en Une by Wellcom