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Elections européennes : les urnes peu sensibles à l’influence digitale

On pourrait penser que les candidats les mieux placés dans les pronostics de vote pour les élections européennes sont également les plus actifs sur les réseaux sociaux. Une erreur, mise en lumière par SEMrush, acteur mondial du marketing digital et fournisseur n°1 de données de confiance, qui a passé au crible la présence digitale des candidats*. Surprises garanties !

Nicolas Dupont-Aignan, la star des réseaux sociaux

C’est le candidat qui a le mieux réussi à engager sa communauté. Il compte plus de 195 000 followers sur Twitter et presque 203 000 likes sur sa page Facebook. Très actif sur Twitter (plus de 1 000 tweets comptabilisés depuis janvier 2019), il enregistre un taux record d’engagement de quasiment 19 %. Des données qui sont très éloignées de son résultat aux élections européennes : son parti, Debout la France (DLF), n’aura pas de représentant au parlement européen (3,51 % des suffrages récoltés).

 

Nathalie Loiseau fait (beaucoup) mieux dans les urnes que sur Facebook

La candidate compte à ce jour 31 000 followers sur Twitter et seulement 2 500 likes sur sa page Facebook. Résultat : un taux d’engagement assez bas de 4,45 %. Cela s’explique notamment par une activité digitale peu soutenue par rapport aux autres candidats. On recense à peine 395 tweets depuis janvier dernier et quelque 11 posts sur Facebook au cours des 30 derniers jours. Portant les couleurs de la République en Marche (LREM), elle arrive pourtant en 2ème position dans les urnes, avec 22,41 % des voix.

 

Benoît Hamon suscite un engagement digital fort

Le candidat, représentant de Génération.s, frôle de son côté un taux d’engagement de 14 %. Les raisons ? Il cumule, grâce à sa participation aux dernières élections présidentielles, 817 000 followers sur Twitter et plus de 200 000 fans sur sa page Facebook. Il publie aussi régulièrement des actualités (566 tweets depuis janvier et environ 37 posts Facebook au cours des 30 derniers jours). Mais cela ne se reflète pas dans les suffrages : seulement 3,27 % des électeurs se sont exprimés en sa faveur.

 

Jordan Bardella : quand les votes battent les likes

Le candidat du Rassemblement national (RN) compte 30 200 followers sur les réseaux sociaux, 800 tweets depuis le 1er janvier 2019 et 129 posts Facebook au cours du dernier mois. Résultat : un taux d’engagement de 11 %, qui reflète une bonne stratégie digitale, mais sans rapport avec son succès électoral. Il arrive en effet en tête des élections (23,31 % des voix).

 

Manon Aubry, bien placée sur les réseaux sociaux, ne retrouve pas ses followers dans les urnes

La candidate de la France Insoumise (LFI) se démarque avec plus de 1 500 tweets depuis janvier 2019 et presque 365 000 réactions (likes et retweets), ce qui lui permet d’atteindre un taux d’engagement de 14 %. Plus du double donc de son résultat : elle recueille 6,31 % des voix.

 

L’exception : François-Xavier Bellamy, un taux d’engagement comparable à son résultat

Le représentant des Républicains (LR) obtient un taux d’engagement de seulement 6,71 % pour l’ensemble de ses réseaux sociaux. Un chiffre similaire à son résultat : 8,48 % des électeurs ont voté pour lui.

 

* Données collectées par SEMrush entre le 6 et 13 mai 2019