Pour Challenges, Vincent Beaufils relève tous les défis


Interview de Vincent Beaufils, Directeur de la rédaction de Challenges

Vincent BeaufilschallengesIl y a en France un magazine économique qui a bien su choisir son nom… Et pour preuve que l’hebdo en question connaît les défis, il a été élu Magazine de l’année 2007 ! Pour cette première Wellnews de l’année, Vincent Beaufils, Directeur de la rédaction de Challenges, a bien voulu répondre à nos questions relatives à la bonne santé du magazine et aux grands sujets qui feront l’actu en 2008. Diplômé d’HEC, Vincent Beaufils a commencé sa carrière à 50 millions de consommateurs, avant de devenir rédacteur en chef des Forums de L’Expansion. Il enchaîne ensuite à L’Express, comme grand reporter, puis devient successivement Conseiller de la rédaction en chef du Nouvel Observateur, ancien rédacteur en chef du Nouvel Économiste, avant d’être nommé rédacteur en chef du mensuel L’Essentiel du management. Il rejoint Challenges en 2001.

En ce début d’année 2008, quel bilan faites-vous des nouvelles formules – papier et web – que vous avez lancées respectivement en 2005 et 2007 ? On se souvient que la couverture noire du magazine avait fait couler beaucoup d’encre…

Concernant le magazine papier, nous sommes passés, au moment de notre changement de formule, d’un rythme quinzomadaire à hebdomadaire… passant de 230 000 quinzomadaires à 255 000 exemplaires hebdos ! Sur le plan qualitatif, nous avons observé une progression du taux de lecture de 10 à 15 points par article. Enfin, au chapitre publicitaire, nous sommes passés de 700 à 1 200 pages annuelles entre 2005 et 2007, ce qui signifie par ailleurs une augmentation de parts de marché dans la presse magazine économique de 24 à 35%. Tous les indicateurs sont donc au vert… Côté web, notre nouvelle formule – tant sur le plan ergonomique qu’en termes de contenus – a eu pour effet de drainer davantage de lecteurs uniques : de 100 000 à 400 000 aujourd’hui. Nous espérons atteindre notre objectif de 600 000 l’année prochaine.

Challenges a été élu Magazine de l’année 2007 par le SPMI (Syndicat de la presse magazine et d’information). Qu’est-ce que cela a changé pour vous ?

Cela a d’abord été un immense bonheur partagé par l’ensemble de la rédaction et moi-même. Nous avions déjà été élus Magazine économique de l’année 2006, mais cette fois il s’agit de l’ensemble de la presse magazine. Cela a ensuite montré que nous étions sur la bonne voie et que nous pouvions prendre davantage de risques, notamment sur le choix de nos couvertures. Je pense en particulier à 2 couvertures qui se sont révélées de bonnes ventes, ce que je n’anticipais pas forcément : Alan Greenspan et Marx. A ce sujet, notre couverture sur fond noir nous a clairement identifiés, notamment dans les milieux publicitaires où elle a été favorablement accueillie. Globalement, cette distinction a contribué à nous faire une place à part : dans un contexte difficile où la presse magazine éco a souffert, perdant en moyenne 10% de son chiffre d’affaires publicitaire, nous l’avons maintenu en 2007.

Au chapitre économie, quels seront les grands temps forts de 2008 selon vous ?

J’évoquerais 3 sujets majeurs en nous limitant à la France. Le problème de la croissance tout d’abord et la question de savoir comment trouver le point de croissance qui nous manque (on nous annonce 2% pour 2008 alors que nous avons besoin d’une croissance de 3%). Le deuxième sujet imparable a trait à notre hyper-président et à sa capacité à honorer les grands chantiers qu’il a annoncés lors de son investiture. Nous pensons, à Challenges, que la mise en œuvre de ces chantiers sera plus compliquée et plus ardue qu’annoncée. Et donc nous pensons, contrairement à l’opinion répandue, qu’il devrait en faire plus. Enfin, l’interrogation quant à l’efficacité de notre actuelle Ministre de l’Economie, Christine Lagarde. Puisqu’on parle de l’évaluation des ministres, sera-t-elle bien notée ? C’est la question qui se pose alors qu’elle n’a pas les faveurs du Président et qu’elle s’est vue déposséder des grands dossiers qui lui sont impartis.

Pour Challenges, Vincent Beaufils relève tous les défis

janvier 9, 2008 11:51 Publié par

Interview de Vincent Beaufils, Directeur de la rédaction de Challenges

Vincent BeaufilschallengesIl y a en France un magazine économique qui a bien su choisir son nom… Et pour preuve que l’hebdo en question connaît les défis, il a été élu Magazine de l’année 2007 ! Pour cette première Wellnews de l’année, Vincent Beaufils, Directeur de la rédaction de Challenges, a bien voulu répondre à nos questions relatives à la bonne santé du magazine et aux grands sujets qui feront l’actu en 2008. Diplômé d’HEC, Vincent Beaufils a commencé sa carrière à 50 millions de consommateurs, avant de devenir rédacteur en chef des Forums de L’Expansion. Il enchaîne ensuite à L’Express, comme grand reporter, puis devient successivement Conseiller de la rédaction en chef du Nouvel Observateur, ancien rédacteur en chef du Nouvel Économiste, avant d’être nommé rédacteur en chef du mensuel L’Essentiel du management. Il rejoint Challenges en 2001.

En ce début d’année 2008, quel bilan faites-vous des nouvelles formules – papier et web – que vous avez lancées respectivement en 2005 et 2007 ? On se souvient que la couverture noire du magazine avait fait couler beaucoup d’encre…

Concernant le magazine papier, nous sommes passés, au moment de notre changement de formule, d’un rythme quinzomadaire à hebdomadaire… passant de 230 000 quinzomadaires à 255 000 exemplaires hebdos ! Sur le plan qualitatif, nous avons observé une progression du taux de lecture de 10 à 15 points par article. Enfin, au chapitre publicitaire, nous sommes passés de 700 à 1 200 pages annuelles entre 2005 et 2007, ce qui signifie par ailleurs une augmentation de parts de marché dans la presse magazine économique de 24 à 35%. Tous les indicateurs sont donc au vert… Côté web, notre nouvelle formule – tant sur le plan ergonomique qu’en termes de contenus – a eu pour effet de drainer davantage de lecteurs uniques : de 100 000 à 400 000 aujourd’hui. Nous espérons atteindre notre objectif de 600 000 l’année prochaine.

Challenges a été élu Magazine de l’année 2007 par le SPMI (Syndicat de la presse magazine et d’information). Qu’est-ce que cela a changé pour vous ?

Cela a d’abord été un immense bonheur partagé par l’ensemble de la rédaction et moi-même. Nous avions déjà été élus Magazine économique de l’année 2006, mais cette fois il s’agit de l’ensemble de la presse magazine. Cela a ensuite montré que nous étions sur la bonne voie et que nous pouvions prendre davantage de risques, notamment sur le choix de nos couvertures. Je pense en particulier à 2 couvertures qui se sont révélées de bonnes ventes, ce que je n’anticipais pas forcément : Alan Greenspan et Marx. A ce sujet, notre couverture sur fond noir nous a clairement identifiés, notamment dans les milieux publicitaires où elle a été favorablement accueillie. Globalement, cette distinction a contribué à nous faire une place à part : dans un contexte difficile où la presse magazine éco a souffert, perdant en moyenne 10% de son chiffre d’affaires publicitaire, nous l’avons maintenu en 2007.

Au chapitre économie, quels seront les grands temps forts de 2008 selon vous ?

J’évoquerais 3 sujets majeurs en nous limitant à la France. Le problème de la croissance tout d’abord et la question de savoir comment trouver le point de croissance qui nous manque (on nous annonce 2% pour 2008 alors que nous avons besoin d’une croissance de 3%). Le deuxième sujet imparable a trait à notre hyper-président et à sa capacité à honorer les grands chantiers qu’il a annoncés lors de son investiture. Nous pensons, à Challenges, que la mise en œuvre de ces chantiers sera plus compliquée et plus ardue qu’annoncée. Et donc nous pensons, contrairement à l’opinion répandue, qu’il devrait en faire plus. Enfin, l’interrogation quant à l’efficacité de notre actuelle Ministre de l’Economie, Christine Lagarde. Puisqu’on parle de l’évaluation des ministres, sera-t-elle bien notée ? C’est la question qui se pose alors qu’elle n’a pas les faveurs du Président et qu’elle s’est vue déposséder des grands dossiers qui lui sont impartis.

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