Christian Blachas com’ chez lui

Interview de Christian Blachas, Président de CB News

Christian Blachascb newsLe monde de la communication bouge. Pour preuve, le festival Lions Cannes vient de clôturer son édition 2009 et CB News d’annoncer le palmarès de ses Grands Prix des Medias. Pour commenter ces résultats et nous indiquer l’état de santé du secteur, Wellnews s’est tout naturellement tourné vers Christian Blachas, Président de CB News. Christian Blachas débute sa carrière en tant que journaliste à l’Agence Centrale de Presse puis à L’Echo de la Presse. Fondateur de Stratégies en 1971, il dirige le groupe jusqu’en 1986. Il crée alors CB News SA et CBTV : deux sociétés qu’il préside respectivement depuis 1986 et 1987. Vice-président et co-fondateur du Press Club de France, il enseigne le Marketing et la communication en DESS à Paris II. Il est aussi l’auteur de « 6 Juillet 1954 » (La Table Ronde) en novembre 2003 et de l’ouvrage « Le Mystère Elvis » (Michel Lafon) en I997. Il a reçu, en 2003, le prix « Médiations » décerné à l’émission de télévision Culture Pub (aujourd’hui sur le net et sur la TNT) ayant le plus contribué à l’information civique citoyenne.

Le festival Lions Cannes 2009 s’est achevé le 27 juin dernier… une édition qui n’a pas particulièrement fait la part belle aux réalisations françaises. Comment l’expliquez-vous ?
Cela devient une habitude. Il faut en conclure que la publicité française ne s’exporte pas très bien. En tout cas, elle a du mal à séduire un jury composé d’une multitude de nationalités, donc de cultures différentes. D’une façon générale, la publicité française est soit trop compliquée, trop intello, soit trop simpliste. Et puis surtout il lui manque une arme redoutablement efficace que des pays comme l’Angleterre ou les USA savent manier à la perfection : l’humour. J’ajouterai : l’humour universel.

Toujours côté distinctions, les Grand Prix des Medias 2009 de CB News, que vous présidez, ont fait preuve d’un certain éclectisme (résultats ici). Quels ont été vos critères de sélection ?
Le jury du grand prix des medias CB News doit intégrer trois critères essentiels : l’innovation (éditoriale, marketing, commerciale), l’originalité et la performance (ventes ou audiences). Les deux marques medias qui ont lutté jusqu’au bout pour l’attribution du grand prix furent M6 pour sa résistance face à la crise et sa politique efficace de diversification (chaînes thématiques, produits dérivés, football…) et le groupe Radio France pour ses prises de risques éditoriaux. Radio France n’a gagné que d’une voix après cinq tours de scrutins.

La crise financière a eu un sérieux impact sur le secteur, comme c’était prévisible… Comment voyez-vous l’évolution du marché à horizon 2 ans ?
Personne, absolument personne n’est capable de prévoir ce qui va se passer dans les mois qui viennent. Une seule chose est certaine : ce sont les marques les plus fortes, les mieux positionnées, celles qui auront su créer une vrai complicité avec leur lectorat ou leur audience qui s’en sortiront le mieux. Mais une évidence s’impose : pour que les medias puissent retrouver un vrai modèle économique, il faut impérativement éradiquer petit à petit le concept de gratuité pour tous les produits en ligne. On ne peut pas indéfiniment donner de l’information et du service gratuitement alors que le marché publicitaire est en régression et n’est plus capable de financer totalement les medias.