Nouvelle Cosmétique

Interview de Nathalie Collin, Coprésidente du directoire de Libération

Nathalie CollinlibertaionEn septembre dernier, Libération a opéré une refonte de sa maquette. Opération séduction ? Lifting en profondeur ? Effet de mode ? Interview sans fard de Nathalie Collin, Coprésidente du directoire de Libération, au sujet de ce changement de look du quotidien.
Diplômée de l’ESSEC et titulaire d’une maîtrise de droit des affaires, Nathalie Collin débute sa carrière en tant que consultant chez Arthur Andersen avant de rejoindre le groupe EMI en 1997 au poste de Directeur Administratif et Financier de sa filiale Virgin France. Elle deviendra Directeur Général de Virgin France en 1999. Après l’absorption de Virgin France par EMI en 2002, elle sera nommée à la direction générale, puis à la présidence d’EMI en France. Nathalie Collin est Coprésidente du directoire de Libération depuis 2009.

Libération a changé de formule le mois dernier, seulement 2 ans après sa dernière refonte. Pourquoi un tel empressement ? Pourquoi si tôt ?
Libération a choisi d’évoluer en permanence afin de mieux répondre aux demandes des lecteurs et de s’adapter aux nouveaux modes de consommation de l’information. Il n’y a pas d’empressement, mais le besoin de refondre l’offre et le contrat de lecture, avec une différenciation encore plus nette de l’information gratuite, avec des papiers longs, une information plus fournie, plus d’infographie, une offre web et bientôt iPhone complémentaire de l’offre papier et cohérente avec nos offres d’abonnement.

Vous avez déclaré, dans le cadre de ce « lifting », que vous cherchiez « à réhabiliter le journalisme contre la communication ». La presse serait donc devenue aujourd’hui plus communicante qu’informative ?
Il y a en tous cas beaucoup de communication dans les médias en général et la presse est l’un des rares endroits où l’on peut encore décrypter, analyser, investiguer, et produire du contenu étoffé, long et fouillé sur les sujets.

Dans le même temps, votre site internet, jusque-là gratuit, a lancé deux offres payantes (6 et 12 euros par mois), permettant notamment d’avoir accès à tous les articles de Libération du jour et aux archives du journal sur les 15 dernières années. C’est là une tendance de fond que l’on observe chez un nombre croissant de titres… Une manière de sauvegarder le secteur et l’indépendance de la presse en luttant contre le tout-gratuit de l’internet ?
Il s’agit ici d’offrir plus de possibilités à nos lecteurs, et plus de services qui s’ajoutent à la valorisation du contenu produit par notre rédaction. Par ailleurs l’offre est intégrée à nos offres actuelles pour donner plus au lecteur, il peut ainsi regarder la veille au soir les titres du lendemain sur son ordinateur, puis lire le matin son quotidien porté chez lui ou dans les transports, et dès novembre, accéder à son journal depuis son iPhone tout au long de la journée. C’est un nouveau contrat de lecture global qui intègre un véritable équilibre gratuit payant, et papier web iPhone. Le flux gratuit continuant sur Libération.fr comme par le passé.