Marc Beaugé, rédacteur en chef de Society

Nous ne suivons pas la caravane

Lors de sa première parution il a été qualifié de « plutôt mec », « cool et un peu fouilli ». Aujourd’hui  un peu plus de 2 ans après le numéro un, il a fait sa place et on ne s’en passe plus. Vous avez deviné ? Il s’agit du magazine Society, le quinzomadaire qui ne laisse pas indifférent. Marc Beaugé,  rédacteur en chef de Society, nous fait le plaisir de cette interview et nous explique ce qui fait la force de cette revue, qui manie à la perfection l’art de raconter la petite histoire à travers la grande.

En feuilletant Society, on a l’impression de sortir du cadre de la presse écrite. Rien n’est figé dans la forme comme dans le fond. Deux ans après le premier numéro, est-ce que le quinzomadaire a trouvé son équilibre et son lectorat ?
« Je pense que nous pouvons toujours faire mieux, sur le fond, mais aussi sur les chiffres. Il n’y a pas de magazine parfait. Après, nous avons clairement trouvé à la fois un lectorat et une ligne éditoriale. Nos papiers ne sont pas les mêmes que ceux des autres magazines. Nous ne suivons pas la caravane. Nous nous intéressons à des sujets qui passent souvent sous les radars, nous leur accordons beaucoup de place. Society n’est pas un magazine sensationnaliste ou putassier. Nous essayons d’avoir un propos nuancé, non partisan. Ce n’est pas forcément dans l’air du temps… Mais nous n’avons pas envie de faire autre chose. »

Vous laissez beaucoup de place aux faits divers dans le magazine, cela répond à quelle stratégie éditoriale ?
« Aucune, juste à une curiosité pour les faits divers. Nous n’avons pas d’attrait particulier pour le morbide, mais un bon fait divers, glauque ou pas, peut raconter une région, un milieu, une classe sociale… Cela peut être assez signifiant. Il faut bien les choisir, et puis bien les raconter, avec respect, rigueur. Encore une fois, sans sensationnalisme. »

Fanzine mook ou newsmagazine, quel est l’esprit de Society ?
« Un peu des deux, sans doute. Comme les newsmagazines, les sujets que nous abordons sont mainstream. Nous essayons de parler des vrais sujets qui font l’actu : les élections, la politique et le reste… Nous ne faisons pas les petits malins, nous ne contournons pas les difficultés. Mais nous essayons de choisir des angles et des formats différents autour de ces sujets mainstream. Et nous avons aussi une liberté de ton et une indépendance qui nous rapprochent d’un fanzine. Nous aimons bien, aussi, mettre des petites vannes nulles en légende de nos photos… C’est le côté fanzine, sans doute. »

Quelle place accordez-vous au numérique ?
« Nous avons une culture très presse papier. Nous venons de ça. Sofa, So Foot, Sofilm, Society ont tous été pensés, d’abord, comme des magazines papier. Nous aimons l’objet, la prise en main du magazine. Après, nous sommes au XXIe siècle….  Évidemment, nous passons nos journées sur Internet, Twitter, Instagram. Nous avons donc aussi des envies numériques. Pour Society, nous voulons faire un site très ambitieux, qui ressemblerait à notre magazine. Nous ne voulons pas relayer des vidéos de chats ou de clashs entre chroniqueurs de TPMP, juste pour faire du clic. Il nous faut donc de gros moyens pour faire un site d’actu qui nous ressemble. Nous sommes en train de les rassembler. Le projet est finalisé, cela devrait se concrétiser rapidement. Je crois que cela va être très bien. »