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Patrick Cohen : « Sept sur Sept a forgé notre imaginaire politique »

Patrick Cohen est, pour des millions d’auditeurs, l’une des voix les plus emblématiques des matinales radios. Après plus de 25 années passées à décrypter le monde qui nous entoure et les soubresauts de l’actualité, il présente depuis 2018 une toute nouvelle émission sur la chaîne LCP, Rembob’INA, qui revient sur les grands moments de télévision de notre histoire. Une réflexion sur l’évolution de ce média et la façon dont il façonne encore aujourd’hui notre société. 

Depuis son lancement en 2018, Rembob’INA se plonge dans l’histoire de la télévision. Comment est née cette émission ? 

D’une idée des nouveaux dirigeants de LCP, Bertrand Delais et Guilaine Chenu, d’un partenariat conclu avec l’INA. Et de mon goût pour les archives ! 

Jacques Chirac, Soljenitsyne, Cinq Colonnes à la Une, Tour de France de 1975 : les sujets traités dans l’émission sont très différents. Comment se fait ce choix ? 

C’est un choix collectif, avec les équipes de l’INA qui ont inventorié leurs trésors. Avec nos souvenirs de jeunes téléspectateurs. Et avec le souci d’explorer tous les genres : politique, grands reportages, divertissement, fiction, etc… 

En octobre 2019, vous avez consacré un numéro à Sept sur Sept. En quoi cette émission est-elle emblématique de l’histoire de la télévision ? 

Emblématique parce que très fédératrice -jusqu’à 10 millions de téléspectateurs les dimanches soirs- l’émission d’Anne Sinclair a forgé notre imaginaire politique et nos souvenirs sur les grands acteurs de la vie publique. Et surtout, elle leur donnait du temps !

En quoi cette télévision du passé peut-elle éclairer les débats d’aujourd’hui ? 

Les questions politiques sont souvent les mêmes. Mais les crispations sont plus fortes aujourd’hui. La légèreté et la bienveillance, voire la fantaisie, qui faisaient le charme de beaucoup d’émissions de débats, ont presque complètement disparu. 

La confiance des Français dans la télévision semble baisser d’année en année (Baromètre Kantar/La Croix de janvier 2019). Selon vous, y’a-t-il une nostalgie de la « télé de papa » ?

Non, cette défiance n’a rien à voir avec la nostalgie d’une télé « à l’ancienne ». Elle tient davantage à la fragmentation de nos modes d’information. Si le JT de 20h n’est plus LA référence, ce n’est pas la faute de Gilles Bouleau, ni d’Anne-Sophie Lapix ou de leurs équipes, qui donnent à informer et comprendre bien mieux que leurs prédécesseurs des années 70 et 80. Il peut y avoir la nostalgie d’une autre époque, mais personne ne dira qu’il regrette Roger Gicquel.