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François Busnel : « Le propre de l’homme est de savoir s’adapter »

Si le confinement nous prive de nombreux plaisirs, il en est un qui trouve dans cette période toute sa place : la lecture. Un moyen de s’évader tout en restant chez soi, que François Busnel, journaliste, producteur et animateur, a souhaité continuer de partager avec son public. En adaptant son émission phare « La Grande Librairie » en un programme court diffusé sur l’ensemble des chaînes de France Télévision, il montre ainsi « que l’on ne se résigne pas et que la vie continue », comme il nous l’explique dans cet entretien.

Comment est née l’idée du programme « La P’tite Librairie » ? 

C’est une idée de Delphine Ernotte-Cunci et de Takis Candilis. Nous nous parlons très souvent de la place du livre à la télévision, de la mission du service public auprès des lecteurs, des écrivains, des libraires et des éditeurs. Nous avions déjà évoqué des déclinaisons de « La Grande Librairie », notamment avec le lancement, cette année, d’un grand concours de lecture à voix haute destiné aux jeunes. Début avril, lorsque le confinement a tant changé nos habitudes, Delphine et Takis m’ont proposé de donner aux téléspectateurs un conseil quotidien de lecture. Ils m’ont laissé totalement carte blanche.

L’idée était de tout faire en mode « confinement », c’est-à-dire sans maquillage ni multiples caméras, ni le fameux fond vert. Je tourne en une seule prise, caméra fixe, chez moi (il se trouve que je vis dans une maison où chaque pièce possède sa bibliothèque)  puis j’envoie le tout par internet à un graphiste qui, confiné chez lui, peut habiller l’ensemble.

J’ai proposé un titre qui me trotte dans la tête depuis douze ans : « La P’tite Librairie ». Delphine et Takis ont décidé de le programmer sur toutes les chaînes de France Télévision, de France 2 à France Ô en passant par France 3, France 4 et France.Tv, et à de très bons horaires, ce qui est une première dans l’histoire du groupe en ce qui concerne le soutien aux livres et aux librairies.

Antoine de Saint-Exupéry, Homère, Marguerite Duras… Les auteurs que vous sélectionnez sont très différents. Qu’est-ce-qui guide votre choix ? 

Mes choix ? Ce que j’aime. Je pars du principe qu’il s’agit de donner envie de lire. Je ne suis pas un critique littéraire mais un passeur. Je ne sais parler que de ce que j’ai aimé. Et je fais le pari que si j’ai aimé un livre, alors vous pouvez l’aimer aussi. Jacques Chancel disait toujours : « Il faut offrir aux téléspectateurs ce qu’ils pourraient aimer ».

Le 29 avril « La Grande Libriairie » revient pour une « édition confinée ». Comment avez-vous relevé ce défi ? Pourquoi avoir choisi comme thème « Destins de Femmes » ? 

Relever des défis est le seul moyen de ne pas faire du surplace, de se réinventer. Les téléspectateurs de « La Grande Librairie » sont très fidèles et ont besoin, me disent-ils, de la parole des écrivains : c’est une source d’inspiration. C’était aussi une façon de montrer que l’on ne se résigne pas, que la vie continue. Vous savez, le propre de l’homme est de savoir s’adapter. Nous nous sommes adaptés à la situation. Et nous continuerons.

Pour finir, quel serait votre conseil lecture du confinement ? 

N’importe lequel des livres présentés dans « La Grande Librairie » et « La P’tite librairie » ! Mais si vous tenez vraiment à savoir par lequel commencer, je vous suggère le très beau et poétique « Petit traité de philosophie naturelle » de Kathleen Dean Moore (éditions Gallmeister)