De la peur à la joie

Avec le développement du web conversationnel, l’immédiateté de l’information dirige le comportement classique de l’internaute. Une immédiateté devenant même pour certains un impératif, souhaitant toujours tout savoir. Et cette volonté associée à la possibilité qu’offrent les réseaux sociaux de connaître en continu ce que ses amis, collègues ou autres font entraine alors une navigation empreinte d’inquiétude.
Un phénomène si important que les psychologues américains, pour décrire cette phobie, l’ont baptisée FOMO, pour Fear Of Missing Out.

Cette phobie est donc la crainte de rater quelque chose, exacerbée par les réseaux sociaux et la volonté de profiter au maximum des différentes possibilités offertes par leurs communautés. Une peur qui se caractérise par une consommation compulsive et exagérée de ces réseaux sociaux. Des connexions intempestives qui rythment chaque moment de la journée. C’est une forme moderne d’anxiété sociale. Une préoccupation maniaque guidée par l’angoisse d’un éventuel regret d’une interaction sociale potentiellement riche et surtout plus enrichissante que celle que l’individu est en train de vivre. Ainsi, les connexions pendant un rendez-vous galant ou encore une soirée deviennent pratique courante. Ils ne peuvent s’empêcher de consulter leur profil social pour s’assurer qu’ils sont dans le restaurant qu’il faut, au concert du groupe qui convient ou encore à la bonne soirée. Comment s’en assurer sans se connecter ?

visu-seringue

De plus, pour s’assurer de ne rien rater, les plus phobiques vont jusqu’à accepter de multiples rendez-vous pour minimiser leur risque de passer à côté de la soirée de l’année…

Cette phobie touche, selon le chercheur en sciences sociales américain, Andrew Przybylski, davantage les jeunes internautes en recherche de reconnaissance et présentant une insatisfaction chronique.

Ainsi, pour détecter les patients souffrant de ce mal, ce chercheur a élaboré un test. Alors pour mesurer votre niveau de FOMO, c’est par ici.

Une dérive qui se retrouve dans le milieu professionnel, où le phobique, déjà victime d’infobésité, va alors confirmer sa présence à des réunions ou des conférences par peur de rater l’information importante et pour au final soit ne pas y assister ou alors délaisser d’autres tâches plus importantes … Ici, c’est le FONK, Fear Of Not Knowing.

Bien que reflétant une réalité, qu’il n’est pas question de nier, la maturité des internautes expliquant sans aucun doute cela, 2014 apparaît comme une année où le FOMO voit se développer une tendance inverse. Une tendance où la peur laisse place à la joie. Le JOMO soit Joy Of Missing Out.
Une tendance qui est la parfaite synthèse entre la volonté d’une désintoxication digitale et le mouvement, Slow, dont Wellcom se faisait l’écho le mois dernier. Cette tendance fait partie des 10 tendances identifiées pour 2014 par l’agence internationale JWT. Pour cette dernière, la tendance prend le nom
de « Mindful Living« .

Dans son rapport, l’agence parle notamment de cette fameuse retraite pour une cure de digital detox en plein cœur de la Silicon Valley. Le Camp Ground est donc un camp pour adultes où les smartphones sont interdits et qui prône la reconnexion sociale mais en chair et non en tweet.

JOMO, au-delà de se délaisser d’un comportement excessif, apparaît comme un retour aux sources, une quête du vrai et de l’authenticité. En sortant de la logique du partage virtuel pour un partage réel. Il est donc davantage question d’une reconnexion que d’une déconnexion. Ainsi, au lieu de partager immédiatement une expérience en photo via Instagram ou encore un Tweet, JOMO incite à profiter pleinement du moment présent.

Comme le déclare l’auteur du livre Mindfulness: Finding Peace In A Frantic World, Dr Danny Penman « JOMO est une tendance naissante pérenne parce que les gens commencent à analyser leurs vies et prendre du temps pour eux. Si vous n’êtes pas celui qui mène la danse, la technologie mobile peut facilement prendre le contrôle de votre vie et vous laisser brisé. La technologie est devenu un outil pour des patrons sans confiance pour traquer leurs salariés à l’extérieur des heures de travail normales. Des médias, même sociaux peuvent prendre le contrôle de votre vie – particulièrement maintenant qu’il se transforme en outil marketing subliminal. En conséquence, c’est une véritable joie de « manquer de » parce que vous reprenez l’entièreté de votre vie et ne perdez rien du tout. »

L’homme moderne entre donc dans une schizophrénie coupable, où la technologie l’amène à adopter un comportement paradoxal. Authentique Docteur Jekyll et Mister Hyde, l’individu est alors déchiré entre une envie de reprendre le contrôle de sa vie et toujours plus d’impatience pour tout avoir et tout savoir. Loin d’une très grande subtilité mais proche d’une véritable évidence, comme pour tout comportement, la consommation de technologie doit se faire dans une logique de modération. Celui qui vit sa vie est celui qui ne tweete pas… enfin pas à chaque instant !

De la peur à la joie

février 3, 2014 9:30 Publié par

Avec le développement du web conversationnel, l’immédiateté de l’information dirige le comportement classique de l’internaute. Une immédiateté devenant même pour certains un impératif, souhaitant toujours tout savoir. Et cette volonté associée à la possibilité qu’offrent les réseaux sociaux de connaître en continu ce que ses amis, collègues ou autres font entraine alors une navigation empreinte d’inquiétude.
Un phénomène si important que les psychologues américains, pour décrire cette phobie, l’ont baptisée FOMO, pour Fear Of Missing Out.

Cette phobie est donc la crainte de rater quelque chose, exacerbée par les réseaux sociaux et la volonté de profiter au maximum des différentes possibilités offertes par leurs communautés. Une peur qui se caractérise par une consommation compulsive et exagérée de ces réseaux sociaux. Des connexions intempestives qui rythment chaque moment de la journée. C’est une forme moderne d’anxiété sociale. Une préoccupation maniaque guidée par l’angoisse d’un éventuel regret d’une interaction sociale potentiellement riche et surtout plus enrichissante que celle que l’individu est en train de vivre. Ainsi, les connexions pendant un rendez-vous galant ou encore une soirée deviennent pratique courante. Ils ne peuvent s’empêcher de consulter leur profil social pour s’assurer qu’ils sont dans le restaurant qu’il faut, au concert du groupe qui convient ou encore à la bonne soirée. Comment s’en assurer sans se connecter ?

visu-seringue

De plus, pour s’assurer de ne rien rater, les plus phobiques vont jusqu’à accepter de multiples rendez-vous pour minimiser leur risque de passer à côté de la soirée de l’année…

Cette phobie touche, selon le chercheur en sciences sociales américain, Andrew Przybylski, davantage les jeunes internautes en recherche de reconnaissance et présentant une insatisfaction chronique.

Ainsi, pour détecter les patients souffrant de ce mal, ce chercheur a élaboré un test. Alors pour mesurer votre niveau de FOMO, c’est par ici.

Une dérive qui se retrouve dans le milieu professionnel, où le phobique, déjà victime d’infobésité, va alors confirmer sa présence à des réunions ou des conférences par peur de rater l’information importante et pour au final soit ne pas y assister ou alors délaisser d’autres tâches plus importantes … Ici, c’est le FONK, Fear Of Not Knowing.

Bien que reflétant une réalité, qu’il n’est pas question de nier, la maturité des internautes expliquant sans aucun doute cela, 2014 apparaît comme une année où le FOMO voit se développer une tendance inverse. Une tendance où la peur laisse place à la joie. Le JOMO soit Joy Of Missing Out.
Une tendance qui est la parfaite synthèse entre la volonté d’une désintoxication digitale et le mouvement, Slow, dont Wellcom se faisait l’écho le mois dernier. Cette tendance fait partie des 10 tendances identifiées pour 2014 par l’agence internationale JWT. Pour cette dernière, la tendance prend le nom
de « Mindful Living« .

Dans son rapport, l’agence parle notamment de cette fameuse retraite pour une cure de digital detox en plein cœur de la Silicon Valley. Le Camp Ground est donc un camp pour adultes où les smartphones sont interdits et qui prône la reconnexion sociale mais en chair et non en tweet.

JOMO, au-delà de se délaisser d’un comportement excessif, apparaît comme un retour aux sources, une quête du vrai et de l’authenticité. En sortant de la logique du partage virtuel pour un partage réel. Il est donc davantage question d’une reconnexion que d’une déconnexion. Ainsi, au lieu de partager immédiatement une expérience en photo via Instagram ou encore un Tweet, JOMO incite à profiter pleinement du moment présent.

Comme le déclare l’auteur du livre Mindfulness: Finding Peace In A Frantic World, Dr Danny Penman « JOMO est une tendance naissante pérenne parce que les gens commencent à analyser leurs vies et prendre du temps pour eux. Si vous n’êtes pas celui qui mène la danse, la technologie mobile peut facilement prendre le contrôle de votre vie et vous laisser brisé. La technologie est devenu un outil pour des patrons sans confiance pour traquer leurs salariés à l’extérieur des heures de travail normales. Des médias, même sociaux peuvent prendre le contrôle de votre vie – particulièrement maintenant qu’il se transforme en outil marketing subliminal. En conséquence, c’est une véritable joie de « manquer de » parce que vous reprenez l’entièreté de votre vie et ne perdez rien du tout. »

L’homme moderne entre donc dans une schizophrénie coupable, où la technologie l’amène à adopter un comportement paradoxal. Authentique Docteur Jekyll et Mister Hyde, l’individu est alors déchiré entre une envie de reprendre le contrôle de sa vie et toujours plus d’impatience pour tout avoir et tout savoir. Loin d’une très grande subtilité mais proche d’une véritable évidence, comme pour tout comportement, la consommation de technologie doit se faire dans une logique de modération. Celui qui vit sa vie est celui qui ne tweete pas… enfin pas à chaque instant !

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Cet article a été écrit par wellcom

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