Tourisme, quand l’inspiration se fait immersion

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51 % des Français seraient intéressés et 19 % très intéressés par l’utilisation de la réalité virtuelle pour choisir leurs futures vacances. Ces chiffres proviennent d’un sondage mené par British Airways en fin d’année dernière dans le cadre d’une expérience plus large sur les possibilités qu’offrent les applications technologiques pour l’avenir du secteur du voyage.

La question posée par ces chiffres est la suivante : celle de comprendre comment la technologie permet d’enrichir cette phase cruciale, pour une destination mais également pour une compagnie aérienne, de l’inspiration. Comme le prouvent dans un mode classique l’Australie ou encore l’Etat du Nevada aux Etats-Unis, les films restent pour le voyageur un vecteur essentiel dans le choix d’une destination.  Cependant, un nombre croissant d’initiatives tend à proposer de véritables expériences immersives permettant au potentiel voyageur de vivre, virtuellement, la destination choisie. Ainsi, grâce à la technologie : voyager avant de voyager, découvrir la ville avant d’y avoir mis les pieds, devient possible et de plus en plus recherché. L’inspiration se fait donc immersive mais, comme le prédisait Daniel Burrus, futurologue, dans l’avenir du voyage 2024, « la réalité virtuelle ne remplacera pas les vrais voyages, comme le présentent les films de science-fiction (…) Elle deviendra une nouvelle forme de présentation, un incroyable avant-goût en 3D d’une destination qui donnera envie aux voyageurs de vivre réellement cette expérience »

Ainsi, les visites virtuelles à 360° laissent place à des univers immersifs. Une possibilité dont plusieurs acteurs du tourisme se sont empressés de s’emparer pour faire vivre à leurs clients, avant même d’être partis, de véritables expériences.

Marriott, la chaîne d’hôtels, a imaginé dans sept villes des États-Unis, en septembre dernier, l’opération « #GetTeleported ». Grâce à des cabines, entre Star Trek et Stargate, et équipées des fameux Oculus Rift, de chanceux voyageurs virtuels ont été « télétransportés » sur la plage d’un hôtel à Hawaï ou sur le toit d’un établissement londonien. Une visite pas seulement virtuelle, mais aussi sensorielle avec un procédé permettant de sentir la chaleur du soleil ou encore la brume marine. Une alternative pour les lunes de miel ?

Dans le même esprit évènementiel mais cette fois-ci grâce à la technologie Google Cardboard, l’agence de voyage Thomas Cook a créé un masque de réalité virtuelle, le « Travel Glass »,  pour faire voyager les Parisiens. Si cette initiative était avant tout un coup marketing, le voyagiste ambitionne de faire entrer la réalité dans ses agences. En effet, Thomas Cook a pris la décision d’équiper ses agences de casques Oculus Rift. Après un essai anglais concluant, Thomas Cook proposera dans un premier temps de découvrir New York avec un vol de Manhattan en hélicoptère ou encore de parcourir Times Square en taxi. Pour le moment réservé à certaines agences spécifiques du groupe, il y a fort à parier que ce dispositif se généralise à l’avenir.

Visiter une ville virtuellement et en direct grâce à un guide équipé d’une caméra GoPro, c’est ce que propose Omnipresenz. Le concept est simple, le « joueur », depuis son ordinateur, peut choisir un « avatar » à travers le monde, à savoir, un des membres de l’équipe Omnipresenz muni d’une caméra GoPro, et lui demander d’effectuer telle ou telle action en temps réel. Il entend et voit tout ce que le guide entend et aperçoit. Ce concept, encore à l’état de projet, ne sera apparemment pas gratuit mais au contraire proposé sur le modèle B2B afin de permettre aux acteurs du tourisme d’offrir une visite virtuelle à leurs clients.

Un concept qui n’est pas sans rappeler la campagne, « Remote Control Tourist », menée en 2013 par l’office de Tourisme de Victoria en Australie qui permettait de découvrir la ville de Melbourne à travers les yeux de deux touristes.

Avec une dimension sociale plus marquée, le château d’Oiron a imaginé  un robot pour faire la visite. En effet, dans ce château dont l’étage n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite, le robot est piloté par le visiteur depuis le rez-de-chaussée, à l’aide d’une souris et d’un grand écran. Ainsi une personne en fauteuil roulant peut virtuellement accompagner les membres de sa famille dans la visite de l’étage.

Avec cette immersion en direct, il est impossible de ne pas penser aux deux applications concurrentes dont le Web ne cesse de parler depuis quelques mois : Periscope et Meerkat. Ces applications de diffusion de vidéos en direct, qui semblent pouvoir bousculer le traitement de l’information, pourraient également révolutionner l’univers du tourisme. Une ambition qui selon les propres mots de son créateur souhaite favoriser l’immersion dans la vie de l’autre en permettant de «voir à travers les yeux d’un manifestant en Ukraine ? Ou regarder le lever du soleil depuis une montgolfière en Cappadoce ? Cela peut sembler fou, mais nous voulions construire la chose la plus proche possible de la téléportation».

Si la réalité virtuelle semble encore aujourd’hui apparaître pour la plupart comme un gadget ou comme une simple opportunité marketing, elle pourrait devenir, dans un futur de plus en plus proche, un moteur d’inspiration indispensable !