C’est la rentrée, d’un cycle à l’autre

La rentrée marquant le début d’un nouveau cycle, il semble tout indiqué de traiter, en ce premier jour de septembre, d’un cycle très tendance.

Comme chaque année depuis plus 20 ans, le cabinet d’études Gartner a publié son « Hype Cycle » et largement diffusé celui dédié aux technologies émergentes. Si la notoriété du « Magic Quadrant » n’est plus à faire, celle du « Hype Cycle » reste plus confidentielle.

Le « Hype Cycle » est une méthodologie propriétaire du cabinet Gartner permettant de révéler graphiquement, selon des axes « attente » et « maturité », comment des technologies solutionnent le quotidien. Elle évalue de ce fait leur impact et identifie les opportunités qu’elles représentent.

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Véritable aide à la stratégie d’entreprise, « Hype Cycle » est, comme le montre le graphique, composé de 5 phases :

  • «Technology Trigger» : La phase initiale, sorte de « démarrage technologique », correspond à la percée sur le marché d’une nouvelle technologie. Des premiers récits commencent à essaimer dans la presse démontrant la puissance du concept. Cependant, à ce stade, généralement aucun produit n’existe et donc la viabilité n’est pas encore prouvée
  • «Peak of Inflated Expectations» : La phase suivante, « sommet des attentes démesurées » se caractérise par un engouement médiatique, surexposant les rares exemples de réussite. Un nombre encore limité d’entreprises met en œuvre cette technologie et agit avec succès, là où la majorité échoue.
  • «Trough of Disillusionment» : Durant cette phase, explicitement intitulée «creux de la désillusion », la technologie ne répond pas aux attentes suscitées dans les 2 premières phases et l’intérêt va décroissant. Seules des améliorations entraineront la satisfaction potentielle tant des consommateurs que des investisseurs.
  • «Slope of Enlightenment» : Alors que cette technologie semble démodée, certaines entreprises, entamant ainsi doucement la « pente de l’illumination », ont persisté et commercialisent la troisième génération de produit. La maturité autour de la technologie s’est également développée et est alors plus largement comprise.
  • «Plateau of Productivity» : Ici, la technologie atteint ce que Gartner appelle le « plateau de productivité ». Cette phase correspond au fait que les bénéfices procurés par la technologie sont largement démontrés, compris et acceptés. La puissance de la courbe du plateau est variable en fonction du marché qu’adresse la technologie. Elle sera forte si le marché touché est main stream et plus faible s’il s’agit d’un marché de niche.

Le « Hype Cycle for emerging technologies», publié en juillet, place 5 technologies au sommet du cycle, dont deux sont détaillés ci-après.

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  • La voiture autonome:

Bien que définie à un « stade embryonnaire » par le cabinet, la voiture autonome est passée, entre 2014 et cette année, de la phase ascensionnelle au sommet de la courbe.
Cette évolution dans le degré d’attente des publics prend ses racines dans l’emballement généralisé, tant auprès des médias, que des constructeurs automobiles. Un engouement présent depuis plusieurs années et qui s’est renforcé ces derniers temps ; même si le véhicule autonome devrait arriver à maturité d’ici 5 à 10 ans.
Ainsi, cette tendance s’invite sur la « feuille de route à court terme » de l’ensemble des industriels, même en France alors que la loi de transition énergétique ouvre la route à la voiture autonome, et notamment la Google Car

Renault et sa Next Two qui incarne la vision de la voiture autonome et connectée du constructeur pourrait voir le jour en 2020.

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PSA qui teste déjà des premiers véhicules de ce type et promet une commercialisation de véhicule avec des fonctions de conduite autonome dès 2018.

Damler qui avait dévoilé son modèle Mercedes lors du dernier CES.

Et Ford qui semble tout proche d’une mise en production de son modèle autonome.

Au-delà des acteurs traditionnels, des pure players se développent sur ce segment comme Tesla ou encore la navette Navya. D’autres acteurs plus étonnants s’engagent sur la voie de l’autonomie, comme Uber, directement intéressé, ou Apple.

  • Internet of thing (IOT):

Pour Gartner, cette technologie a « le potentiel pour transformer les industries et la manière dont nous vivons et travaillons. ». Cet item étant pratiquement à la même place que sur le rapport de l’an dernier, cela signifie que beaucoup de monde continue de parler du sujet mais  que la maturité n’évolue pas très rapidement.
Dans le rapport « la montée en puissance du marketer », publié par The Economist Intelligence Unit, les responsables marketing place IOT comme la tendance qui va avoir le plus d’impact sur leur quotidien.

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Une autre étude, réalisée par le cabinet conseil Tata Consultancy Services et publié en juillet, expose l’impact économique de l’IOT en fonction du secteur activité. Ainsi, les industriels apparaissent comme les plus optimistes, allant jusqu’à espérer une croissance de leur revenu de l’ordre de 27 %. Le high tech et la banque partagent cette opinion positive avec respectivment 19,4 % et 18,9 % de croissance espérée.

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La vidéo ci-dessous est un parfait résumé de l’étude menée par Tata et propose plusieurs enseignements utiles sur cette tendance.

Et pour conclure, quoi de plus approprié que de souhaiter une bonne rentrée à tous !